Acaténango : une montée périlleuse

Nous arrivons à Antigua après deux belles semaines de volontariat au bord du lac Atitlàn. Au programme de ces prochains jours, visite de la ville et escalade de l’Acaténango. Sur le papier, ça sonnait plutôt bien…

Quand on arrive en ville

Notre arrivée à Antigua se fait sous une pluie battante. Par chance, nous avons rapidement trouvé un hostal : Los Amigos sera notre maison pour les prochains jours. L’endroit est plutôt sympatique et nous réussissons à obtenir une chambre pour 7€ par nuit et par personne.

Un petit tour sur l’Acaténango?

La proposition

acatenangoLe gérant de l’hostal nous propose excursion de 2 jours sur l’Acaténango. Beaucoup de personnes nous ont conseillé de faire cette ascension, alors on n’hésite pas trop. Cela promet une belle marche, bien que rude. Mais il y a à la clef une vue imprennable sur le volcan El Fuego (très actif).

La visite est all-inclusive ; tente, nourriture, guide. Par contre si l’on prend notre propre matériel, il y a un rabais ! Ainsi le tout coûtera environ 20€ par personne.

De surprises en surprises

C’est le lendemain matin, vers 9H30, que notre bus arrivera avec du retard (normal au Guatemala). Nous rencontrons les autres personnes qui feront l’assencion de l’Acatenango en notre compagnie : une américaine se réjouissant beaucoup de gravir cette montagne ainsi que deux autres personnes. Elles semblent bien moins préparées et nous sommes étonnés qu’elles refusent le sac à dos qui leur est proposé. Cela ne présage rien de bon pour elles…

Nous recevons à ce moment notre paquet repas… Qui s’avère plutôt frugal. Il comprend une banane, une soupe instantanée, un chocolat chaud, un sandwich ainsi que 33cl d’eau. Cela doit nous tenir les 2 jours en montagne avec au programme environ 1500m de montée. Par chance on avait déjà de l’eau avec nous ! Cependant arrivés au début du sentier, nous achèterons, à prix d’or, 2 litres d’eau supplémentaires, histoire de ne pas mourir de soif. Il est aussi possible d’acheter des bonnets, sacs plastiques et autres babioles ou de louer des bâtons de marche (simples bouts de bois droits et colorés).

montée acaténangoNos premiers pas

La montée commence abruptement et après 300m les deux jeunes filles sont déjà en difficulté. Avec la tente et tout leur matériel dans un sac poubelle en baluchon par dessus l’épaule cela n’a rien d’étonnant. Nous dispatchons une partie de leur matériel dans nos sacs pour les aider. Malgré cela elles n’arriveront pas à la première pause et feront demi tour peu avant.

C’est donc à 4 plus le guide que nous continuons notre montée. Elle est pénible. Il fait frais et le brouillard laisse gentillement place à la pluie. Qu’elle est froide! Sylvie et moi sommes heureux d’avoir des habits bien chauds, ce qui n’est pas le cas de Katherine qui commence à grelotter.

acatenango brouillardLa fatigue est plus que présente, le chemin détrempé est très glissant. Au bout de plus de 4 heures de montée, nous nous arrêtons pour manger notre sandwich, du moins ce que l’on peut. Mon ventre me fait un peu souffrir et Katherine est en pleurs, incapable de quoi que se soit. Elle finira tout de même par manger le sandwich que j’ai à peine pu entamer. Notre guide promet un grand feu une fois en haut histoire de réchauffer nos carcasses frigorifiées. Vivement que nous y soyons !

Reprenant l’ascension sous un froid encore plus présent, la montée continue de plus belle. Pour moi commence la torture des crampes. Dans un premier temps légères, elles finissent par me paralyser les deux jambes. Ni les massages du guide ni le baume du tigre n’arriveront vraiment à me soulager de cela. Mais vaille que vaille, j’avance pas après pas, nous sommes de toute manière bientôt arrivés!

Une décision à prendre

brouillard acaténango

Par chance, la pluie finit par cesser! Malheureusement c’est pour faire place à un vent glacial. Beaucoup de gens redescendent et très vite nous comprenons pourquoi. En haut, il neige et il y souffle un vent à décorner les boeufs. Après s’être entretenus avec notre guide, il nous laisse prendre la décision: continuer ou redescendre. C’est à l’unanimité que l’on décidera de rebrousser chemin. A voir le nombre de personne faisant de même, c’était la décision la plus sensée.

La chute

La descente n’est pas beaucoup plus agréable que la montée.  Nous prenons conscience d’un point : Katherine est en hypotermie! Elle est tombée et n’a rien senti. Elle ne sent plus ses doigts ni ses bras, la moindre prise de décision est un effort qu’elle n’arrive plus à faire. Le froid l’a engourdie des pieds à la tête.

Ce n’est pas notre guide qui lui viendra en aide en premier mais deux personnes croisées sur le chemin. Elles lui feront enlever ses vêtements mouilllés et lui passerons des vêtements chauds et secs. Un peu plus tard dans la descente, un chocolat chaud nous réchauffera aussi de l’intérieur. Notre guide appellera de l’aide car transportant depuis plus d’une heure le sac de Katherine en plus de ses affaires, il commence aussi à fatiguer.

Point de comparaison

En rencontrant les autres guides, nous comprenons qu’il n’est de loin pas le meilleur. Il n’est pas très attentif à ce qui nous arrive et absolument pas proactif contrairement aux autres. On appréciera particulièrement la compagnie d’Elvin. Souriant, à l’écoute et très blagueur, il nous expliquera ce qui nous est arrivé : problème d’altitude. Le corp a du mal à se réchauffer sous le manque d’oxygène, tout est plus dur et cela explique une grande partie de nos soucis.


fume fuego

La fin de la descente est longue. Katherine prend beaucoup d’avance sur nous ainsi que le reste du groupe. Sylvie et moi faisons plus de pause et prenons notre temps. C’est exténués qu’on arrivera finalement en bas plus de 30 minutes après le reste du groupe mais avec la fierté d’avoir toujours porté notre sac sur notre dos.

La seule chose que nous verrons d’El Fuego : un peu de fumée trahissant son activité et sa présence. Et c’est un peu frustrés mais heureux d’être entiers que nous arrivons à l’hostal pour une bonne nuit de sommeil! Ou pas… 

Conclusion

Malgré notre bonne condition physique, ce trek de 2 jours n’en aura duré qu’un. Nous avons joué de malchance avec les conditions météo, c’est la vie ! Nous en retirons des courbatures mais une aventure enrichissante et beaucoup de souvenirs.

Si vous voulez tenter l’aventure :

  • Prenez un guide. Même si le nôtre n’était pas top, il nous a quand même bien aidé en portant le sac de Katherine et en appelant ses amis à la rescousse. C’est une question de survie.
  • Préparez des vêtements chauds. Les températures chutent drastiquement avec l’altitude et si vous campez, vous aurez besoin de vêtements secs.
  • Emportez de la nourriture. Barre de céréales, viande séchée, fruits secs… L’effort, ça creuse !
  • Préparez-vous à renoncer si les conditions le nécessitent. L’altitude peut nous jouer de nombreux tours, il serait dommage d’imiter le groupe de six personnes mortes de froid l’an dernier. Ils n’avaient pas suivis les conseils de leur guide et ont sous-estimé l’altitude et l’hypothermie.

 

One Reply to “Acaténango : une montée périlleuse”

  1. Camille Joss

    Salut Nathanaël, c’est Camille des Syst’ Nat! J’espère que toi et Sylvie vous allez bien. L’autre jour je me demandais où vous en étiez dans votre voyage 🙂 C’est drôle, on n’est pas si loin, Christophe et moi sommes à Quito et on finit notre voyage dans un peu plus d’une semaine. Ca aurait été drôle de se croiser. Je vous souhaite une bonne continuation, enjoy! Et si tu veux quelques infos pour l’Amérique du Sud et l’Asie n’hésite pas 😉

    Biz, Camille

    Reply

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