San Carlos et El Castillo, l’autre côté du Nicaragua…

Nous quittons Ometepe pour rejoindre San Carlos et le petit village d’El Castillo, à l’est du lac Nicaragua. Autour du rio San Juan, c’est un autre monde que nous découvrons, bien loin des rues touristiques de Granada.

aide futéS’y rendre

Pour aller à San Carlos, il n’y a plus trente six chemins. Le ferry ne circule plus entre Granada – Ometepe et San Carlos, seule reste la route. Il faut donc faire le tour du lac et passer soit par Managua, soit par le Costa Rica. San Carlos est à notre connaissance, le seul point de départ pour rejoindre le village d’El Castillo.

Dans le petit futé, nous avions lu une solution originale bien que pas forcément fiable, nous avons préféré ne pas tenter.

Faire du stop

Au Nicaragua, faire du stop est relativement aisé, aussi ne se fait-on pas prier pour recommencer. Nous tendons le pouce une première fois à Rivas. C’est dans une voiture avec 6 autres personnes que nous montons ! Direction Tipitapa. Chanceux que nous sommes, nous n’aurons même pas besoin de traverser Managua ! (Les grandes villes en stop, bonjour l’horreur)

Nous passons la nuit dans un hôtel de passe (sans commentaire, c’est tout ce qu’on a trouvé) et repartons au petit matin. Sans même avoir à demander, quelqu’un nous proposera de nous déposer à la jonction pour aller à San Carlos. Dernière ligne droite !

sylvie stopLe stop et le partage des frais

Une voiture ne tarde pas à s’arrêter. Cette dernière nous propose de nous amener directement à San Carlos, qui est à plus de 250km, si nous acceptons de participer aux frais d’essence.

Pourquoi pas ?

Le début du trajet s’avère plaisant. J’ai un suffisamment bon niveau d’espagnol maintenant pour tenir une conversation et l’on peut aborder des sujets comme les différences entre le Nicaragua et le Costa Rica. Cependant, cela me fatigue vite et après une heure, j’ai l’impression de ne plus rien comprendre…

Lorsque nous arrivons, notre chauffeur qui n’avait jusque là pas annoncé de prix (bien qu’on lui ai demandé) nous rappelle à notre promesse. Nous sortons donc un billet de 100cordobas qui, visiblement, ne lui suffit pas. Fatigués, nous lui donnerons le double.
Le sentiment d’avoir été un peu arnaqués met du temps à se dissiper. Nous déplorons aussi l’effet que la promesse de l’argent a eu sur l’échange. Là oú habituellement, il n’y a de pression ni d’un côté, ni de l’autre, nous avons senti que l’argent avait dénaturé la relation. Notre chauffeur se sentait obligé de nous arranger pour avoir l’argent promis. De notre côté, difficile de savoir quel serait le montant juste. Et la conversation n’avait pas le même goût. Bref, on ne recommencera plus !

Dans les rues de San Carlos

Bien loin de ce que l’on avait vu à Granada ou même à Ometepe, San Carlos respire la pauvreté. Sur la route, nous n’avons cessé de croiser de toutes petites cabanes en bois. La ville est à la mesure de sa campagne.

Oú loger ?

Les rues sont étroites, les trottoirs presque inexistants à certains endroits. Les bâtiments semblent anciens et peu entretenus. Nous sommes loin des circuits touristiques. Pourtant, on y trouve un parc (avec wifi) et de nombreux « hospedaje » (qui signifie hébergement, en espagnol).

Comme nous devons passer la nuit ici, nous en visiterons quelques uns. Ils sont tous sur le même modèle : de petites chambres à l’étage, une boutique ou un « restaurant » en bas, des toilettes sommaires à côté. Dans l’un d’eux, on nous dira qu’il y a, luxe suprême, le wifi.

Oui, vous savez… Le wifi gratuit du parc que l’on capte depuis la terrasse…

Nous choisirons donc le moins cher (et l’on captera tout aussi bien le wifi du parc !). Au petit matin, on apprendra à regretter nos murs soit disant « pas isolés » européens. Ici, les fenêtres sont en fait des trous dans les murs (heureusement qu’il y a des volets !). Et ces mêmes murs sont tellement fins que l’on entends sans problème la communication téléphonique du voisin, et du voisin de notre voisin. On voit même la lumière de leur chambre se refléter sur le plafond de tôle dans la nôtre…

Promenade et rencontre

enfants et sylvieNous avons malgré tout fait quelques pas dans la ville, délestés de nos gros sacs. San Carlos n’a pas grand chose à offrir sinon ses habitants qui engagent volontiers la conversation.

Lorsque j’attends Nath, dans le parc, j’ai même la surprise de voir des enfants s’asseoir à mes côtés. Ils veulent de l’argent bien sûr, ou bien apprendre l’anglais. Pourquoi pas ? Je leur fais répèter quelques mots. « Hello », « please », « Thank you » mais ils ne sont pas bien attentifs. Ils réclament… Des bonbons, des sous, … On sent qu’ils n’ont pas grand chose. Et qu’ils ont l’habitude que les touristes leur en donnent.

Moi, je suis d’accord, mais juste pour les bonbons et s’ils me demandent en anglais !

El Castillo

Croisière sur le Rio San Juan

Pour se rendre à El Castillo depuis San Carlos, une seule solution : le bateau. Vous aurez le choix entre une lancha rapide [5€ / personne] ou une lancha lente [3€ / personne]. Attention, les horaires donnés à l’office du tourisme inversent parfois lentes et rapides…

vu de la lancha

C’est ainsi que nous nous retrouvons à avoir testé les deux. Nous voulions, à la base, économiser en prenant notre temps mais l’horaire était celle de la rapide et la prochaine lancha lente prévue nous faisait attendre 4h. Globalement, on a vu peu de différence et le temps ne nous a pas semblé beaucoup plus court/long.

La croisière en elle même, en revanche, est un vrai plaisir. Le rio offre de très jolies vues et l’occasion d’observer quelques animaux comme des tortues, des singes ou des oiseaux.

Choisissez bien votre place ! A l’avant, vous aurez les vagues produites par le bateau, à l’arrière le bruit du moteur.

La lancha fait parfois quelques escales surréalistes, livrant ici un colis à un local dans une barque ou faisant débarquer des passagers dans un champ innondé. Elle s’arrête également dans un petit village qui semble en partie coupé en deux par un bras de rivière… Cela lui donne un petit air de Venise.

cochon dans la rueSe perdre à El Castillo

Nous arrivons à El Castillo sans vraiment en avoir conscience. Plus loin, le fleuve est secoué de rapides, c’est impressionant.

Les ruelles du village ont un charme particulier, petites et pavées. On y sent un parfum de simplicité plus que de pauvreté. Ici, il n’est pas rare de croiser un cochon en laisse devant une maison… Nous nous laissons guider par notre instinct, suivant des ruelles de plus en plus petites et qui parfois ne débouchent sur rien.

chemin noyéLa saison des pluies semble changer la topographie du village : certaines rues disparaissent sous les eaux, même la place de jeu est innondée… Ce qui n’empêche pas les enfants de s’y amuser ! Certains jouerons même dans les rapides à se laisser emporter par le courant pour se rattraper aux pilotis des maisons… Quand à moi, je n’ai rien trouvé de mieux à faire qu’un bain improvisé (avec mon gros sac, sinon c’est pas drôle) en reculant un peu trop pour prendre une petite église en photo !

el castilloL’hôtel le moins cher avec la plus belle vue

Forcément, nous posons nos lourds sacs à dos dans l’hôtel (ou l’hospedaje) le moins cher de la ville. Extrêmement bien situé, il est juste à l’ouest du débarcadère et propose une terrasse avec vu sur le rio San Juan. En bonus, dans notre chambre, nous avons deux fenêtres : l’une sur la terrasse et le fleuve, l’autre sur le fort.

Fort qui d’ailleurs ne trouve pas grande grâce à nos yeux : nous n’irons pas le visiter. On se contente de l’observer de loin, mais on préfère les ruelles simples et colorées… Surtout quand elles nous mènent à une chocolaterie !

Du cacao au chocolat

Comme c’est mon anniversaire et que l’on veut que ce jour soit spécial, on se dit que visiter l’endroit oú se fait sécher le cacao avec dégustation en prime, c’est pas si mal. Compter 5$ chacun, pour une très belle découverte!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *