Guatemala : Bienvenue dans un autre monde !

A peine arrivés au Guatemala, nous voilà déjà dépaysés ! Entre le portrait que nous dépeint France Diplomatie et la réalité, il semble y avoir deux monde. Bienvenue au Guatemala

Passage de frontière terrestre entre le Mexique et le Guatemala

Après avoir fait du stop (Comment être pris en stop ?) entre Comitan, au sud du Mexique, et la douane, nous voilà un peu angoissés par notre premier passage de frontière terrestre en Amérique Centrale. Ici, c’est bien loin de l’Europe où c’est à peine si contrôle d’identité il y a. Pour être sûrs de ne pas se tromper, nous prenons un bus. Depuis la petite station service où nous a arrêtés un conducteur de camion jusqu’à la frontière, il n’y a que quelques kilomètres.

Première erreur.

Le bus fait un court arrêt dans une petite ville. Seules une ou deux personnes descendent. Le bus redémarre puis s’en va à 3km de là, vers quelque chose qui ressemble à un poste frontière : arche métalique au dessus de la route portant la mention “Entrada de Guatemala” en grosse lettres. Nous y sommes ! Descendant du bus, nous nous présentons donc au guichet pour demander de tamponner nos passeports pour la sortie du Mexique…

“C’est 3km plus bas”

Oui, oui, le petit arrêt que l’on a passé tout à l’heure. Nous sommes bons pour reprendre un taxi (au même prix que le bus). Arrivés en bas, nous croyons déjà notre calvaire terminé.

Deuxième erreur.

Ce n’est pourtant marqué sur aucun site internet. Le décret très officiel (en tout cas il à l’air) date de décembre 2016 : pour sortir du Mexique par la terre, si comme nous vous êtes entrés par avion, vous devrez vous acquitter d’une taxe de 25$US par personne.

Forcément, troisième erreur, nous n’avions presque rien sur nous, ni pesos, ni dollars.

Il n’y a aucun distributeur dans ce petit village. On nous oriente vers une boutique à laquelle nous demandons gentiment si elle veut bien vous donner ce qu’il nous manque contre un paiement par carte… Avec des frais, forcément ! Le distributeur mexicain le plus proche étant à 25km, on accepte.

Cependant, c’est une petite boutique et elle n’a pas le fond de caisse nécessaire. Il faut donc attendre. Nous prenons notre mal en patience. Vers une heure de l’après midi, ils nous annoncent que c’est bon !

Oui, mais la connexion Wifi est très mauvaise. Il faudra de nombreuses tentatives pour qu’enfin, une vendeuse décroche un câble d’un téléphone cellulaire pour le brancher sur l’appareil à carte bleue et que cela fonctionne. A trois heures, nous sortons enfin du Mexique… Et n’espérez pas un reçu, il vous le refuseront tout net.

Entrée au Guatemala

Nous n’avions retiré que la somme nécessaire pour le passage de frontière et les 3km de taxi. Troisième erreur ? Peut-être pas ! Nous arrivons enfin au bureau d’immigration du Guatemala. Pendant l’inspection de nos passeports, on nous demande une taxe de 3$ (ou 25Q) par personne. Nous expliquons qu’il ne nous reste rien et l’employé nous dira juste :

Pas de problème, vous paierez en sortant

Nous voilà au Guatemala ! Et spoiler : on ne paiera finalement rien à la sortie du pays.

Les chicken bus

chicken busAprès le poste frontière, vous trouverez une petite ville. Principalement constituée d’une route, vous y trouverez de quoi vous remettre de votre passage de frontière : distributeurs, échoppes en tout genre (autant de vêtements que de nourriture), petits restaurants, …perm

Nous longeons la route afin de faire du stop et découvrons pour la première fois l’un des problèmes du Guatemala : l’alcool. Deux personnes viennent en effet mendier près de nous. Comme ils n’articulent rien et que l’on ne parle qu’un espagnol basique, on ne comprends pas trop ce qu’ils disent. C’est visiblement réciproque. Tandis que nous tendons le pouce, ils s’assoieront près de nous, prenant la place qui aurait permis aux voitures de s’arrêter.

Nous voyons alors débarquer notre sauveur à grands renforts de klaxons : un bus scolaire américain repeint de couleurs barriolées. Il roule la porte ouverte alors qu’un rabatteur crie :

Huéhué huéhué !

On comprendra ensuite qu’il s’agit de la ville de Huéhuétenango. Il s’arrête à notre hauteur et nous propose d’aller à Xhela (prononcez Sheila, comme votre idole du temps jadis) pour une somme très modique. Nous acceptons.

guatemala voitureLe confort incarné…

Installés juste au niveau des roues et avec nos sacs sur les genoux, ce n’est pas très confortable. C’est sans compter sur la sono bruyante dans notre dos, le film avec les bruits de mitraillettes… Et le fait qu’on nous annonce bientôt que ces petits sièges sont prévus pour accueillir 3 personnes…

On nous propose de mettre nos sacs sur le toit. Nous sommes cependant un peu réticents, on préfère les garder à l’oeil et on imagine bien les choses dans les poches extérieures se faire la malle… Dans d’autres chicken bus, nous n’aurons malgré tout pas le choix. Pas de panique, ils sont attachés et s’ils peuvent être un peu maltraités, ils en sont toujours ressortis entiers… On ne peut pas en dire autant de nos protections de pluie.

En parlant de pluie, attendez vous, si vos sacs sont sur le toit, à les revoir trempés. Afin de pouvoir les attacher, ils seront en effet toujours stockés sur le côté ou à l’envers, de sorte à bien les faire mariner dans leur jus.

Désolés.

Les routes du Guatemala

Loins d’être réputées pour leur entretien, les routes guatémaltèques sont au contraire de vrais emmentals (non, le gruyère n’a pas de trous en vrai !). Souvent âbimées par les glissements de terrain (ce qui s’aggravent durant la saison des pluies), il n’est pas rare de rencontrer un petit bout de piste au milieu d’une route goudronnée.

Le confort des chicken bus, associé à l’état des routes et les virages serrés imposés par les montagnes, donne un cocktail assez explosif pour quiconque est un peu sujet au mal des transports. Pourtant…

Pourtant les paysages sont à couper le souffle et changent drastiquement de ce que nous avions vu jusqu’à présent. Cela nous ferait presque oublier la conduite parfois dangeureuse de certains chauffeurs.

L’insécurité

rue guatemalaOn nous en avait rabattu les oreilles : le Guatemala, c’est dangereux.

Attention aux pickpockets m’avait averti ma grand mère. Forte délinquance expliquait le site France Diplomatie. Bref, on avait lu et entendu milles recommendations, dont celle de ne pas prendre les chicken bus et de ne se fier qu’aux Shuttles privées, lesquelles sont au moins deux fois plus chères.

Le verdict ? Nous n’avons personnellement eu aucun problème, si ce n’est à serrer les dents dans les descentes (et remercier le ciel que “Dios bendice [notre autobus]”).

Cela ne veut pas dire que la criminalité n’existe pas. Nous avons peut être simplement eu de la chance… Pour nous le confirmer, on a malgré tout aperçu quelques crosses de pistolets dans les pantalons.

Notre arrivée de nuit à Xhela nous l’a bien fait comprendre : petites ruelles sombres, peu de gens dans les rues, des grilles un peu partout… Nous n’avons pas traîné dans le coin et avons filé vers le quartier Walmart et MacDo (Ah le wifi gratuit) avant de rejoindre un hotel. Nous nous en sommes félicités le lendemain en voyant le nombre de gardes armés devant les boutiques.

Moralité : Comme partout, soyez prudents ! Evitez d’arborer des signes de richesse, rangez vos téléphones, porte-feuilles etc. à des endroits sécuritaires (typiquement pas votre poche arrière !), évitez de vous promener de nuit notamment en ville, n’acceptez pas d’aide aux distributeurs automatiques (ou allez demander de l’aide directement à l’intérieur de la banque) et faites preuve de bon sens !

antiguaLes villes du Guatemala

Au cours de notre périple, nous avons traversé les villes de Xhela et d’Antigua. Les villes n’étant pas notre tasse de thé, nous ne nous y sommes pas attardés. Notre visite se limite donc aux centres villes et marchés.

Certes joli, celui de Xhela ne nous touche pas le moins du monde et nous profiterons plutôt de notre passage pour préparer notre arrivée au lac Atitlan où nous ferons du volontariat.

Quand à Antigua, notre principal objectif était de tenter l’ascension du volcan Acatenango, connu dans toute l’Amérique centrale. Suite à nos aventures (dans un prochain article !), nous restons plusieurs jours sur place pour nous reposer, nous promener dans les rues coloniales et… faire un passage express à l’hôpital (rien de grave, pas de panique !).

Conclusion

Nous vous recommandons donc de faire un tour au Guatemala, mais ici plus qu’ailleurs, le voyage se fait expérience humaine ! Les paysages sont magnifiques, les villes sont jolies mais au final, ce qui touche le coeur, c’est de voir comment les gens vivent, c’est de voir ce qui anime ces paysages.

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