Le froid islandais : rencontres et paysages

Après les déboires de notre premier mois en Islande, nous quittons la côte sud de l’île pour rejoindre une petite ferme isolée entre Akranes et Borgarnes. Cette fois, nous travaillons avec des moutons islandais – eux aussi ont leur petit accent – et dans un restaurant-boutique de produits locaux et/ou faits main.

De nouveaux amis…

Nous rencontrons Adda et Gummi, nos nouveaux hôtes. Ils nous décrivent brièvement le fonctionnement de la maison – et des islandais – ainsi que les différentes tâches que nous devrons accomplir. Nous faisons aussi connaissance avec les animaux.

chien ösp et SylvieÖsp le mouton-chien

Si les 600 moutons de la famille vivent paisiblement dans une grande étable, ce n’est pas tout à fait le cas de Ösp. Elle a été nourrie au biberon et est devenue très proche de l’homme, aussi se balade-t-elle en totale liberté dans la ferme.

Elle adore se faire caliner le front, se gratter les fesses sur les brouettes et goûter toutes les bottes de foin. Ce mouton-chien mange à tout les rateliers… Et sème ses crottes partout sur son chemin. Il nous suit également quand on nourri les lapins, réclamant parfois à gentils coups de sabot, une petite part de cette nourriture-bonbon.

Nous aurons même la surprise de la voir nous accompagner jusqu’à la maison, traverser un bovi-stop (donc un portail censé l’arrêter) et nous regarder par la fenêtre l’air de dire : « c’est pas juste, je voudrais rentrer ». Elle est aussi la meilleure amie des touristes.

chien Islande

Les autres chiens

Qui, pour le coup, sont bien de véritables chiens. Ils ont tous leur petit caractère : le vieux timide, celle qui adore qu’on lui lance des cailloux et celui qui fait des glissades dans la paille. Aucun animal n’est cependant maltraité, hein… On leur lance des cailloux pour jouer. On a bien essayé les balles mais ça ne fonctionne pas !

Imaginez vous marcher vers l’étable quand une chienne observe attentivement les cailloux qui roulent sous vos pieds, en penchant la tête. Shootez en une, elle sera la plus heureuse du monde, la marquera de la patte… et en attendra une nouvelle.

Essayez de nourrir les moutons, à l’étable, quand l’un des chiens utilise les mangeoires comme terrain de jeu. Ce sont de grands chemins en bois légèrement surèlevés entre les espaces dédiés aux moutons. Ses derniers peuvent passer la tête pour manger, mais cet imbécile de chien court d’un bout à l’autre. Et quand il s’arrête, la paille glisse sur le bois sur plusieurs mètres, lui avec.

Il y a un autre chien, en plus du vieux timide. Celui là est très jaloux et amateur de bisous. Méfiez vous, il met la langue (et vous lèche allègrement la poire).

cuni

Cuni, la chèvre

C’est un peu notre chouchoutte, parce qu’elle vient toujours nous voir et nous saute dessus quand on s’approche de son enclos. Son obsession ? lécher, elle aussi, tout se qui bouge. En faisant du bruit, si possible, sans s’arrêter et en donnant de grands coups de tête.

On n’a jamais réussi à savoir si elle avait tapé sa tête trop fort dans un mur ou si elle avait juste été habituée au biberon.

Le caractère islandais

Nous nous y étions déjà frotté chez notre hôte précédent… Et nous avons la surprise de constater que ce n’était pas un cas isolé. Les islandais semblent peu bavards et discutent donc rarement. Nous avons la surprise de passer des repas en famille sans échanger un mot avec nos hôtes (et ce n’est pas faute d’essayer).

Le climat devient donc vite pesant : on a l’impression de devoir deviner ce qu’il faut faire, ou d’embêter en posant des questions, ou de se faire crier dessus quand on ne fait « rien » (comprendre : quand on fait des choses pour nous).

De plus, nous sommes dépendant d’eux sur de nombreux points, dont les déplacements : la ferme est isolée, il n’y a pas de transports en commun et peu de trafic. Nous choisissons donc, pour assouvir notre désir de voir du pays, de louer une voiture pour notre dernière semaine sur place.

voiture locationLouer une voiture en Islande

Nous avions lu beaucoup d’articles sur comment louer une voiture en Islande. Tous nous mettait en garde : arnaques, accidents, et prix excessifs.

Nous réservons donc notre voiture en prenant soin de réserver chez un loueur islandais pour minimiser les arnaques des grandes chaînes. Elles sont réputées pour vous facturer des frais après coup, quand vous avez rendu la voiture et êtes rentrés chez vous.

La petite mésaventure du jour

Comme je l’ai dit, nous étions tributaires de nos hôtes pour nous rendre à l’arrêt de bus (qui est à 20km de la maison). Nous nous arrangeons donc avec Adda et choisissons un jour oú elle doit se rendre à Akranes. Cela nous fait retarder notre location d’un jour mais qu’importe.

Nous avons la surprise de la voir partir pour Akranes un jour plus tôt… Si on l’avait su, on aurait donc pu louer la voiture comme nous l’avions prévu. Mais on se dit que ce n’est pas grave, cette voiture, on l’aura demain à midi tapantes.

ösp boudeurEt… A l’heure oú Adda devait nous emmener, elle nous annonce qu’en fait, elle ne va en ville qu’à 11h et notre bus par à 9. Quand nous protestons – parce que quand même, on avait adapté nos plans aux siens – elle nous répond :

– Dans ce cas, faîtes du stop.

Il est 8 heures du matin, il fait nuit et la prochaine voiture devrait passer dans environ 1 à 2 heures…

Heureusement, nous finissons par convaincre Gummi de nous emmener. Nous attrapons le bus et partons pour Reykjavik chez le loueur de voiture islandais.

Un choix avisé

Nous arrivons chez Atak, notre loueur. Nous avions réservé via le site GuidetoIceland, aucune surprise de ce côté là : la voiture est conforme à nos attentes, payée d’avance et sans frais de dépose à l’aéroport.

Le loueur nous présente les assurances (Collisions et/ou graviers). Nous refusons de prime abord et passons à l’état des lieux de la voiture.

Elle est blanche, belle, nickel… Et on remarque tous les petits micro chocs qui ont été notés. Nous connaissons l’état des routes en Islande, qui plus est en hiver. Nous retournons donc voir le loueur.

– Si vous avez des impacts supplémentaires, les tarifs sont de 300€ par impact environ. Mais on ne vous chargera pas pour les zones qui ont déjà des impacts.

Mouais… Dans le doute, nous choisissons de prendre l’assurance contre les graviers et projections, histoire d’avoir l’esprit tranquille. On ne le regretteras pas. Sitôt partis, nous remarquons un impact sur le pare-brise (et oui, il ressemblait à une goutte d’eau). Ouf.

Quelques jours plus tard, en croisant sur une piste, nous recevrons un caillou sur le pare brise, formant un deuxième impact. Nous n’aurons rien à payer au retour de la voiture. On est très contents d’avoir investi dans une assurance malchance. Un gravier, c’est jamais votre faute.

Paysages islandais

Si l’Islande ne nous a pas convaincu par son côté humain, ses paysages sont et restent magnifiques. Nous profitons donc de ces derniers jours pour nous promener au gré des vents, des averses et des envies.

chien ösp et SylviePhingvellir National Park

Nathanael ayant étudié la géologie (entre autres), il était inconcevable d’imaginer un séjour en Islande sans visiter ce parc national oú les plaques américaine et eurasienne se séparent.

Nous nous garons donc sur un petit parking (après avoir vu les tarifs excessifs du piège à touristes) un peu plus loin, gratuit. Il pleut, il y a énormément de vent mais nous bravons les éléments.

Ce que nous découvrons nous coupe le souffle (et du vent). Le chemin s’enfonce entre deux falaises de basalte, comme si un troll géant y avait abattu sa hache. L’atmosphère y est particulière. Nous sommes seuls et nous nous laissons aspirer par les lieux.

petite cascadeLe chemin nous conduira jusqu’à une petite cascade cachée, nous rappelant à chaque pas notre taille insignifiante.

Nous reviendrons quelques jours plus tard au Phingvellir pour nous adonner à notre nouvelle passion : le géocaching. On découvrira alors une autre partie du parc, tout aussi belle.

La péninsule du Snaefelness

Le deuxième jour sera dédié à la péninsule du Snaefel, le fameux volcan qui selon Jules Verne mène au centre de la terre. Nous n’aurons pas la chance de tenter l’aventure, mais nous escaladerons un petit volcan de scories. L’occasion pour nous de voir notre premier cratère.

On ne le verra pas longtemps, le climat islandais nous montrant encore sa capacité à changer rapidement. A peine arrivés en haut, nous ressentons un vent puissant. Un mur blanc nous fonce littéralement dessus. Nous descendrons rapidement en essayant de protéger notre visage des grêlons… Mais quelle aventure !

Par manque de temps, nous ne ferons presque que longer la côte et effleurer toutes ces merveilles du bout du doigt….

sources chaudesLa source chaude au milieu de nulle part.

Le dernier jour, nous avions convenu de nous trouver une petite source chaude pour finir la journée après un petit marathon de géocaching. Nous visitons donc les sources de Reykholt : la première est un petit bassin aménagé au centre du petit village. Parfait, si ce n’est que la baignade y est interdite. La seconde est une des principales sources chaude d’Islande : elle fournit l’eau chaude jusqu’à Akranes, 70km plus loin oú elle sort à 70°C. Inutile de songer à s’y baigner.

Nous nous mettons donc en quête de deux petites sources chaudes supposées peu touristiques dans la région de Borgarnes. Pour cela, nous empruntons une piste qui s’enfonce dans les terres pendant près de 25km. Nous chercherons les trous d’eau dans la lande pendant une bonne heure avant de renoncer. Nous repartons donc.

En chemin, nous croisons un lieu de pélerinage et nous y arrêtons. Quelqu’un aurait été baptisé ici… Je vous laisse deviner ce qu’on a trouvé.

Pas très large mais profond comme une baignoire, nous pouvons nous délecter d’une eau à 42°C, dans le vent et le froid, entouré de verdure et sans aucun bruit humain alentour…

Une bien belle journée pour finir notre voyage islandais.

One Reply to “Le froid islandais : rencontres et paysages”

  1. Bérénice

    Étonnant récit que votre voyage en Islande! Très différent que celui que j’y ai vécu mais plus riche en découvertes (bonnes ou mauvaises).

    Avez-vous trouvé la vallée des trolls à Phingvellir National Park? =)

    Merci pour vos récits et photos, je me réjouis de vous parler bientôt!

    Câlins.

    Reply

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