Lofoten, nos aventures au bout d’un monde.

Après trois jours de stop, ça y est, nous y sommes. Les îles Lofoten nous ouvrent leurs portes, ou devrais-je dire leurs routes, leurs montagnes, leurs chemins. On se sent au bout du monde et on est pas au bout de nos surprises.

De Svolvaer à Å

Notre périple depuis Svolvaer fut haut en couleur. Nous commençons par marcher le long de la route vers le petit village d’à côté. La cathédrale des Lofoten illumine le début de notre journée. Elle est belle, droite et faîte de ces planches de bois qui caractérisent les maisons norvégiennes. Loin d’une Notre Dame de Paris, elle est paisible sur le rivage.

église lofotenA quelques mètres, le village de Kabelvag. Les maisons y sont colorées, avec cette atmosphère particulière des stations touristiques en automne. Nous errons dans ces rues quelques instants, à la recherche d’un de ces pubs désertés par les touristes mais nous sommes bien loin des ambiances Irlandaises. A croire que les marchands de glaces se disputent le marché avec les hôtels-restaurants hors de prix. Nous décidons de voir oú le stop nous mène.

Après avoir étés déposés à un croisement, nous rencontrons un américain original qui s’empresse de nous demander combien de miles représentent 220km/h. Il passe ses vacances aux Lofotens et est très enthousiasmé par les paysages. Si enthousiasmé qu’il s’arrête à l’aéroport de Leknes pour prolonger sa location de voiture et acheter un billet d’avion. Tenter de s’acheter un billet d’avion… A Leknes, il n’y a pas de guichet, ou ils ne sont pas ouverts, ce qui revient au même. Heureusement, grâce à notre tablette, le wifi de l’aéroport et google translate, nous avons réussi à lui réserver son billet. Pour nous remercier, et aussi parce qu’on lui a répété les conseils que l’on avait reçu sur les Lofotens, il nous emmène ensuite à Å (pronnoncer « eau »).

Å y Lofoten, le bout du monde.

C’est à ce moment que nos routes se séparent : sur le parking du bout du monde. Nous appercevons un chemin nous permettant d’aller un peu plus loin et après quelques minutes de marche, nous voilà arrivé au bout du bout. Face à nous l’océan. C’est ici, dans ce décor totalement hors de tout que nous gouterons enfin notre aliment mystère

bout du monde lofoten

Après avoir profité de ces nouvelles expériences, nous voyons sur notre carte (map’s me) qu’il y a un chemin qui longe un lac et qui nous permet d’aller sur la côte nord. Voulant observer des aurores boréales, nous partons a l’aventure et elle est de taille. La carte ne nous avait ni prévenu de l’humidité du terrain ni des passages où nous devons escalader des rochers à l’aide d’une chaine. Nous marcherons ainsi plus de 2H30 afin de faire nos 3 premiers kilomètres. Nous arrivons enfin au bout du lac, entourés de montagnes, à la nuit tombante. Encore une chose que nous n’avions pas prévu. Nous décidons de planter la tente et d’étudier la chose le lendemain.

Une rencontre inattendue

Alors que nous rangeons le camps après une bonne nuit de sommeil sans aurores, nous rencontrons un groupe de Neuchâtelois en visite aux Lofoten prenant la journée pour faire le tour du lac, accompagnés par une guide française. Nous ferons un bout de route avec eux et appredrons que le chemin qui passe de l’autre côté est un col très escarpé. Difficile avec nos sacs de 20kg sur le dos. Ils nous apprennent aussi qu’il y a eu de magnifiques aurores boréales la veille. Malheureusement pour nous, elles étaient trop basses et les montagnes nous les cachaient. Cela nous fera cependant très plaisir de partager ce moment avec d’autres francophones. Faire l’autre moitié du lac nous prendra toute la matinée et un bon bout de l’après midi.

Retour sur nos pas

Nous tendrons le pouce pour aller un peu avant Å afin de trouver un bon coin pour camper. Là, nous recroiserons la guide partie faire des courses pour le groupe. Elle nous confie que si l’on trouve des produits périmés dans un supermarché, nous pouvons normalement les avoir gratuits. Elle nous conseillera aussi un bon spot pour planter la tente, juste à coté d’un petit lac. Durant le soir, Nathanaël tentera un petit dumster diving et rapportera le petit déjeuné du lendemain : du riz au lait.

Après avoir mangé notre dumpster food, nous voilà repartis pour continuer la visite des environs. Nous nous ferons prendre en stop par un guide lui aussi fracophone qui nous conseillera une visite d’île et un petit restaurant. Pour la visite de l’île, c’est raté. Les ferrys ne circulent en effet qu’à moitié et il nous faudrait passer un week end entier sur l’île. Quand au restaurant qu’il nous à conseillé, nous y passerons une bonne partie de l’après midi. Nous profitons ainsi du wifi, d’un mauvais chocolat chaud mais qui fait tant plaisir et d’un très bon repas.

Port de ReineVers 16H nous partons pour faire quelques courses au magasin local qui est a 3km d’oú nous sommes. Arrivés sur place, nous demandons oú est l’ATM le plus proche. La réponse est simple : exactement d’oú nous venons. Ne voulant pas faire un aller retour pour rien, nous tentons la technique des produits périmés. Nous n’obtiendrons qu’un 50% sur ces produits mais étant vraiment à court de liquidités nous décidons de tenter notre chance à la prochaine ville. Ainsi nous faisons 25km en stop et arrivons dans un village avec un grand centre commercial (mais tout est relatif aux Lofoten). A la question de l’ATM la réponse nous fait rire jaune: il est 25km en arrière… Nous allons donc cuisiner sur nos réserves cette nuit. Après avoir trouvé un joli petit spot de camping au bord de la mer avec une magnifique vue sur le Nord, nous veillons un peu espérant voir des aurores boréales. Trop de nuages et pas le bon jour, nous ne verrons rien ce soir là.

Changement de plan

Le lendemain, nous ferons principalement du stop afin de revenir un peu plus vers Svolvaer. Déposés à un croisement, l’un de nous esquisse :

– Ce paysage à l’air joli… Tu voudrais qu’on…

– J’allais te dire exactement la même chose !

Nous nous engageons donc vers l’inconnu. Nous marcherons 2 bonnes heures au milieu de paysages grandioses avant de tomber sur une plage magnifique oú nous camperons pour la nuit. Un phoque pointera le bout de son nez et durant la nuit, nous verrons quelques timides lueurs d’aurores boréales. Ce n’était pas grand chose mais cela nous à tout de même emplis de joie.

plage Lofoten

Le jour qui suit, nous levons le camps vers midi. Veiller tard pour voir des aurores cela à un coût. Nous marcherons les deux heures retour avant de retrouver la route principale. De là, nous passerons de voitures en voitures sans trop de difficulté et arriverons à Svolvaer. Après un arrêt au supermarché pour se réchauffer et se sécher, nous marcherons jusqu’en dehors de la ville afin de passer une nuit bien méritée

Des fois, il pleut fort aux Lofoten…

C’est sous une pluie diluvienne que nous nous réveillons. Nous hésitons un long moment avant de savoir ce que nous allons faire. Passer une journée sous la tente ne nous motive pas trop, nous décidons donc d’aller regarder les horaires de ferrys. Malgré nos vestes et pantalons de pluie, il ne faudra pas plus de 10mn pour être trempés jusqu’aux os. Pour nous remonter le moral, nous découvrons qu’il n’y a plus de ferry entre Svolvaer et Skutvik en hiver. C’est donc trempés et le moral en berne que nous tentons de trouver quelque chose d’ouvert un dimanche. Nous trouvons une pizzeria oú nous mangerons comme des rois et tenterons de sécher sans grand succès. Nous tenterons aussi de trouver un B&B ou un couchsurfing ce qui ne cours pas les rues aux Lofoten.

Après la pluie, le beau temps

L’inespéré arriva. Nous avons trouvé en moins de 45mn une personne prète à nous accueilir chez elle. Nous rencontrons notre hôte dans l’heure qui suit. Elle est super gentille et nous propose de rester 3 jours afin de pouvoir visiter un peu le coin et laver nos affaires. Nous acceptons volontiers.
Sa maison est une ancienne cabane de pêcheur, certes petite mais si confortable. On peut parfois voir des baleines depuis la fenêtre nous raconte notre hôte qui a décidé de passer l’hiver dans le nord. Elle qui pensait simplement rester quelques semaines a finalement décidé de travailler sur place pour expérimenter un hiver complet aux Lofoten. Nous avons passé une très belle soirée avec elle.

Le jour d’après, nous nous remettons de notre balade quasi sous marine. Excepté un Tiramisu, nous ne ferons rien de très constructif, mais que cela fait du bien de ne rien faire !

lofoten acension montagneRandonnée au sommet

Nouveau jour, nouvelle idée. Il fait très beau et tout le monde nous a recommandé de tenter la randonnée jusqu’au sommet de la montagne avoisinnante. Ce sentier est notamment connu pour mener au rocher du diable : un caillou suspendu entre deux pans de montagne.
L’entrée du chemin n’est pas facile à trouver mais ça commence fort avec une pierre lisse à escalader à l’aide d’une chaîne de métal. Le début est un peu rude, mais nous nous amusons bien à grimper de blocs en blocs, se faufiller entre les arbres et tenter de tenir tant bien que mal sur le sol glissant. Plus nous montons, plus la vue est époustouflante. La première partie terminée, alors que nous quittons la forêt et arrivons sur les hauteurs dépouvues d’arbres, le chemin devient plus aisé. Nous continuons à grimper ce petit sentier de montagne et nous faisons quelques frayeurs, certains passages étant particulièrement glissants.
Au bout du compte, nous voilà arrivés au sommet, avec une vue imprenable sur les différents lacs et l’océan. En prime, nous pouvons observer 2 aigles jouer avec le vent.

Lofoten MontagneNous profitons de ce spectacle pour manger un petit quelque chose. Mais nous remballons au bout de quelques minutes : des nuages approchent et entourent déjà les montagnes alentours. A peine avons nous entamé la descente que nous observons le brouillard se refermer derrière nous. Il nous suit avec un petit retard qui nous autorisera un petit hors piste involontaire, trés joli au passage. Nous n’avons en revanche pas trouvé le « rocher du diable » mais d’un autre coté, nous n’avons pas vraiment trop chercher, trop occupés à profiter de la vue et du moment.

Nous rentrerons ensuite préparer nos prochaines aventures. Le lendemain, notre hôte nous invitera pour une petite promenade puis nous confiera son chien pour la soirée. Il faut donc la sortir à la nuit tombée (les jours raccourcissent vite). Durant cette balade nocturne, nous aurons la bonne surprise de voir notre première vraie aurore boréale, encore plus magique que nous n’avions imaginé.

Vers de nouvelles aventures

Deux jours plus tard, nous tendrons le pouce pour quitter les Lofoten et nous diriger vers le sud afin de rejoinde Bergen oú un avion nous attend pour l’Islande. C’est après avoir été pris en stop par une personne qui tenta de nous pêcher du poisson, une voiture oú nous étions au moins 5, dont 2 moutons dans le coffre et un couple de chinois en voyage qui nous ont pris alors que nous étions perdu au milieu de nulle part. Nous reprenons avec eux le ferry qui nous fera quitter notre aventure au bout du monde et ces paysages oú les montagnes rencontrent la mer.

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