Faire de la Plongée à Utila, au Honduras

Après avoir quitté les ruines de Copan, nous nous dirigeons vers l’île d’Utila avec une idée bien précise en tête : faire de la plongée. Une toute première expérience sous l’Océan…

Utila ou Roatan ?

corail cerveau

Nath, Katherine et moi n’avions entendu que du bien d’Utila. C’était une île géniale, pas chère, le rêve quoi ! Mais arrivés à la Ceiba, en cherchant confimation sur le net, on découvre que l’avis n’est pas si tranché : Roatan, une autre île toute proche semble remporter plus de sufrages.

Nous lisons donc beaucoup afin de déterminer le meilleur choix pour nous, et je dois dire que les articles du plongeur-baroudeur (sur Utila et sur Roatan) nous aurons beaucoup éclairé.

De ce que l’on sait, Roatan c’est plus joli (en tout cas, sous le niveau de l’eau) et les plongées sont plus variées. Il y a plein d’autres activités à faire mais c’est beaucoup plus touristique et forcément, c’est plus cher. Utila, c’est plus petit, avec une ambiance baroudeur fauché (plus de jeunes et moins de familles) et des prix plus abordables. Pour les novices que nous sommes, ce sera parfait !

Se rendre à Utila

Le transport

Pour aller à Utila, il n’y a pas trente six chemins possibles : soit vous arrivez du continent, soit de Roatan. Dans le premier cas, il suffit de se

ferry utila

rendre à la Ceiba, ville de laquelle partent les ferrys et de vous rendre au port.

Il y a deux ferrys par jour pour aller à Utila, un le matin et un dans l’après midi. C’est la même chose pour revenir d’Utila vers le continent. Attention toutefois, les horaires données sur internet (et/ou par les hôtels, chauffeurs de taxi, …) ne sont pas toujours les bonnes. La compagnie est également très stricte sur l’horaire : prévoyez au moins une demi heure d’avance (plus si vous n’êtes pas sûr de l’horaire !).

Mésaventure

Dans notre cas, nous avions compté très large puisque nous voulions traverser la ville à pieds et ainsi éviter le coût astronomique du taxi. Nous marchons donc sous un soleil implacable, véritablement exténués puisque la nuit n’avait pas été super. Katherine étant malade, Nath finira même par lui porter son sac sur le dernier kilomètre…

Oui mais voilà. Quand l’heure indiquée sur internet était 9h30, le bateau partait en réalité à 9h00. Nous sommes arrivés à 9h01 et devinez quoi ? L’embarquement venait juste de finir. Nous avons dû attendre le ferry de l’après midi. Indiqué, lui, à 16h sur internet, il part en fait à 16h40. Les horaires ne sont pas justes sur internet ? Ce n’est pas le problème de la compagnie.

Heureusement, leur bâtiment offre pas mal de comodités : toilettes, eau potable, climatisation, nombreux sièges (intérieurs et extérieurs), TV et Wifi.

Par contre, le transport coûte un bras : 25$ (Oui oui, US) par personne. Moralité, tu vas pas à Utila pour la journée.

Choisir son centre de plongée

hostel utilaMême en basse saison, quand tu poses le pied pour la première fois sur l’île d’Utila, tu te fais immédiatement accoster par différents centres de plongée. On te fourres des prospectus dans les mains en t’expliquant (en anglais) ce que le centre propose et il faut choisir là dedans.

Nous vous conseillons donc vivement de vous renseigner un peu sur internet avant d’arriver, histoire d’avoir une vague idée d’oú vous souhaitez aller. Après les dîtes recherches, nous en avions selectionné trois. Situés proches les uns des autres, il serait facile d’aller les voir et de comparer.

Hors, justement, l’un d’entre eux nous donne son prospectus et nous propose un lift gratuit, en tuk-tuk, sans obligation. Nous acceptons. Nous voilà donc à trois, avec nos gros sacs, dans un petit tuk-tuk. Heureusement, la route n’est pas longue !

Nous voilà au Alton’s Dive Center: Il est temps de faire les visites et de comparer les centres choisis.

Les questions à poser :

  • Le prix. Pour un Open Water, le prix moyen constaté se situe entre 250 et 350$
  • L’hébergement. A Utila, l’hébergement est le plus souvent inclus dans le prix. Pensez donc à demander combien de nuits sont incluses et à quelles comodités vous avez droit. Demandez à voir les lieux.
  • L’encadrement. Lors du passage de l’Open Water, vous allez être encadré par une ou plusieurs personnes avec d’autres élèves. Demandez le nombre maximum d’élèves par groupe : c’est important pour se sentir en sécurité. Si certains clubs proposent des groupes de 4 ou 6 personnes, d’autres n’hésitent pas à aller jusqu’au double.
  • Langue d’enseignement. Basiquement, ce sera l’anglais quasiment partout… Mais certains centres peuvent proposer la documentation en français ou en espagnol voire avoir des instructeurs parlant cette langue.
  • Le matériel. Plonger en sécurité, c’est avoir un bon matériel. La plupart des centres vous montreront les locaux destinés au matériel durant la visite, jetez donc un oeil. Est-il organisé ? En bon état ?
  • bateau utila 2Les plongées. La plupart du temps, le prix inclut la formation théorique, les plongées en eaux confinées (eaux peu profondes ou piscine), les plongées de formation au large mais aussi 2 « funs dives ». N’hésitez pas à demander oú se passeront ces plongées.
  • Les à côté. Dépendant du centre choisi, vous aurez peut-etre droit à des « à côté » : utilisation de canoës, terrain de volley, … Important à savoir ! Mais intéressez vous aussi à ce que le centre offre en dehors des plongées : bars, restaurant, espaces communs, … Si vous cherchez une ambiance festive ou plutôt tranquille, prenez les heures de fermeture en compte !

Passer son Open Water

Nous avons donc jeté notre dévolu sur Alton’s Dive Center. L’équipe nous a paru chaleureuse et professionnelle. Hors saison, ils proposent un prix de 275$ ce qui est plus que correct et sont arrangeant pour le nombre de nuit. Tant que vous plongez avec eux, c’est gratuit. Les locaux sont agréables, le matériel bien entretenu et leur bar ferme à 19h. Quand on cherche la tranquilité, c’est le pied !

Théorie et visite médicale

Avant de commencer à plonger, on vous demandera de compléter un formulaire médical. Si vous répondez « oui » à l’une des questions, vous êtes bons pour une visite médicale !

Pas de panique, ça ne veut pas dire que vous ne pourrez pas plonger ! Chez Alton’s, le médecin se déplace au centre et cela vous coûte 10$. Nath a passé la visite sans soucis, moi pas. Il m’en coûtera 25$ de plus pour régler le problème ainsi qu’un petit délai. Heureusement, je n’ai pas pris de retard sur les autres : notre instructrice s’est montrée rassurante et flexible sur les horaires…

Et même si vous ne pouvez pas encore plonger, vous pouvez vous plonger dans la théorie ! Plusieurs heures de vidéos (visionnables sur internet si vous le souhaitez) et quelques questionnaires vous aideront à vous préparer à l’étape suivante : la plongée.

nous en plongéePremières bulles

Au bout du quai, à l’ombre (parce qu’il fait vraiment chaud), nous apprenons à inspecter notre matériel et à l’assembler. Nous répétons l’opération plusieurs fois et puis… C’est l’heure de faire le grand saut ! Une main sur le masque, l’autre sur les poids à notre ceinture, le respirateur dans la bouche, nous plongeons.

C’est une sensation assez étrange que de sauter dans l’eau sans retenir sa respiration…

Les premiers exercices se passent en surface : nettoyer le masque (en crachant dedans !), se déplacer avec le matériel et… plonger. Nous nous laissons couler jusqu’au fond… à environ 1m50. Je ne vous cache pas que j’ai très vite bu la tasse !

Respirer sous l’eau, c’est bizarre mais se déplacer sous l’eau avec tout ce matériel l’est tout autant. Difficile de calculer ses mouvements au début, mais on s’y fait vite ! Quand à la communication par signes, elle vient très instinctivement quand on a un truc dans la bouche !

Enlever et remettre son masque, utiliser le respirateur de secours de votre compagnon (car on ne plonge jamais seul !) font partie des exercices que l’on fait en eaux confinées. Vous y apprendrez toutes les manoeuvres d’urgence et comment résoudre sous l’eau les problèmes les plus communs. De quoi être rassurés pour la première vraie plongée !

C’est donc ça la plongée ?

bateau utila 1

Nous montons pour la première fois à bord du bateau ! Avis à ceux qui ont le mal de mer, pensez à prendre de quoi le contrer 1h avant le départ. Nous sommes accompagnés de Jess, notre instructrice et de Caroline qui passe son Dive Master.

Au début de la plongée, nous répétons quelques exercices : vider l’eau à l’intérieur de notre masque, gérer notre flotabilité, … puis nous partons explorer le récif. C’est finalement peu différent d’une vraie plongée : on y voit de nombreux poissons dont on apprends les noms en signe et l’on traversera même de l’encre de calamar !

Les différentes compétences nécessaires à la plongée se développent avec l’expérience. Personnellement, j’ai de la peine à ne pas respirer par le nez. Mon masque se remplit perpétuellement d’eau et crache de nombreuses bulles en faisant d’étranges bruits. Nath quand à lui aura du mal à gérer la flotabilité. On inspire et…oups, on monte ! On expire et l’on descend… un peu trop parfois.

Nous remontons finalement et enchaînons avec notre deuxième plongée après un tour en bateau.

Des hauts et débats…

Dans la plupart des centres, les plongées vont par deux. Ainsi, le bateau n’a pas à rentrer au quai durant la demi journée. Cependant, ceux qui plongent le savent, on a parfois besoin d’un certain temps à la surface avant de replonger.

Je ne sais pas comment il font dans les autres centres mais à Alton, ils proposent, entre deux plongées un peu de snorkelling… Ainsi, quand nous remontons de notre première plongée, encore peu assurés, on nous annonce qu’il faut se dépêcher : des dauphins ont été aperçus et l’on va pouvoir nager avec eux !

La bateau récupère tout le monde et part en trombe. On nous dit de nous préparer : masque, tuba, palmes, … On est prêts et tout excités quand quelqu’un nous interpelle. Avec le bruit du moteur, on comprends rien. Il répète plus fort et finit par hurler :

C’est pas gratuit !

dophin utilaEt oui, c’est 10$ pour nager avec les dauphins !

Nous sommes tellement frustrés – et fâchés de ne pas l’avoir su dès le début – que l’on refuse d’y aller. On les observera depuis le bateau et ce sera très bien aussi.

Le lendemain, c’est la même chose pour voir un potentiel requin baleine. 15$ cette fois et idem pour le banc de dauphin du dernier jour.

Nous sommes outrés. D’autant plus qu’on nous le présente comme un « pourboire » à destination du capitaine. Sérieusement, il y a chaque fois au moins 10 personnes sur ce bateau et le détour est fait de toute façon, qu’il y en ai qui plongent ou pas. On comprends pas bien l’idée et de notre côté, c’est clairement hors budget.

Certains semblent trouver ça normal, nous ça nous semble aberrant. Nous resterons donc bien sagement sur le bateau et le spectacle des dauphins est tout autant (voire plus ?) saisissant.

poisson rayéDe belles rencontres

Pourtant, cela ne nous empêche pas de faire de belles rencontres sous marines ! Un bébé trunk-fish pas plus grand qu’une pièce d’1€, des murènes, des poissons dissimulés dans le corail, des Angelfish, des bancs de sergeant major et de butterfly fish, des raies aigles…

Pas de tortues pour nous malheureusement, ce sera pour une prochaine fois ! Car on pense bien replonger. En Asie ou qui sait, peut-être en Nouvelle Zélande ou en Amérique du sud ?

Et quand on sort de l’eau…

L’aventure ne s’arrête pas là ! Nous passons en effet beaucoup de temps à discuter avec d’autres passionnés (ou pas encore) de plongée. Il y en a du monde, à Alton’s ! Autour d’un repas ou d’un verre, on partage des anecdotes, des histoires. On parle voyage, conseils et galères…

En parlant de galère

Il nous en est arrivé une à Utila ! Sachez qu’il n’y a sur l’île qu’un seul distributeur et une seule banque. Si celle ci a des horaires assez pénibles quand on plonge (fermée le midi et ouverte principalement… durant les temps de plongée !), le distributeur a, lui, d’autres soucis.

En effet, il n’accepte qu’un type restreint de cartes… Celle de Postfinance Suisse de Nath ne passe pas dans cet appareil. Pas plus que la mienne, qui est pourtant une Visa tout ce qu’il y a de plus classique. Et Hello Bank (ma banque) n’est malheureusement pas connue pour son service client.

Nous avons cependant trouvé un arrangement ! Il y a ici beaucoup d’européens qui gagnent leur vie en encadrant les plongeurs… Et leur salaire leur est versé en Lempiras, la monnaie locale. Devinez qui aimerait bien renvoyer leur argent au pays sans payer d’énormes comissions ?

Il est donc assez facile, moyennant un compte paypal ou sepa (permettant les virements européens sans frais), d’obtenir des lempiras en envoyant des € sur un compte.

poisson bleuBientôt le départ

Quatre jours de plongée, cela passe vite et bientôt le départ se profile ! Direction le Nicaragua cette fois. Nous reprenons le bateau hors de prix pour rejoindre le continent.

La sensation du ressac, qui nous a accompagné durant tout notre séjour, mettra plusieurs jours à s’estomper. C’est ainsi bercés que nous rejoindrons Tegucigalpa, la capitale.

Tegucigalpa ou le danger incarné ?

Prendre un bus entre la Ceiba et Tegucigalpa est déjà toute une aventure. A moins de prendre une shuttle directe pour le Nicaragua, il vous faudra passer par là. Le bus vous emmènera donc jusqu’à San Pedro Sula, oú vous changerez pour finalement arriver à Tegucigalpa après de nombreuses heures de route.

La réputation de Tegucigalpa concernant la criminalité n’est plus à faire. Arrivant de nuit, nous étions un peu perdus et anxieux. Les hôtels semblaient tous hors de prix et/ou hors d’atteinte. Heureusement, nous sommes tombés sur un chauffeur de taxi qui a pu nous proposer une chambre à prix abordable… Juste en face du bus que nous devrons prendre le lendemain pour le Nicaragua !

Une rapide course en taxi nous permets de découvrir l’aspect peu rassurant de la capitale. Les gens conduisent aussi bien qu’au Guatemala, les rues sont parfois peu éclairées et il y a malgré tout pas mal de monde dehors malgré l’heure. On sera très contents de ne pas s’y promener.

Le bus, le lendemain, nous amènera directement à la frontière.

 

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