Vers la côte ouest du Danemark à vélo…

Le Danemark est le pays du vélo, on ne vous apprends rien. Les cyclistes se disputent les pistes cyclables à Copenhague, vous trouverez des vendeurs/loueurs de vélos dans chaque ville… Nous avons décidé de nous mettre à la mode danoise pour découvrir la côte ouest (et aller chercher de l’ambre).

Première étape : réparation des vélos

Faisant du volontariat au Danemark, nous avons la chance de pouvoir emprunter deux vélos et une petite remorque pour notre périple vers la côte ouest. Mais avant de pédaler, il faut vérifier que tout fonctionne. Ce n’est pas le cas.

Arne et Andréa ont une trentaine de vélo, et je n’exagère rien… Pourtant, ils attendent patiemment que quelqu’un daigne s’en occuper. Manque d’entretien, pneus crevés, réparation oubliée, il y a parfois beaucoup à faire. Nous en repérons une bonne dizaine qui n’a pas l’air de demander beaucoup de réparation et on commence le travail. Deux jours plus tard, la plupart sont roulables, ont des freins et au moins trois vitesses. D’ailleurs, au Danemark, il est rare de trouver des vélos qui en ont plus…

Nous tenterons de nous occuper de la remorque mais après deux tentatives d’attaches différentes, celle ci n’est pas stable et se prends parfois dans les rayons, voilant les roues des vélos. Nous partirons donc avec nos gros sacs sur le dos.

Le départ pour la côte ouest

Sans vélo sur la plageNous partons le dimanche matin (vers 10h30 parce qu’on est un peu paresseux) et pédalons vers l’ouest. Le début est un peu compliqué : nombreuses montées et… pas encore l’endurance pour ! On découvre assez vite que tout est fait pour les vélos au Danemark mais… pas forcément jusqu’au bout. Si vous n’avez pas l’habitude de rouler sur le trottoir, sachez qu’ici, c’est presque normal. Même si elles ne sont pas clairement indiquées, la plupart des pistes cyclables se trouvent sur les trottoirs.

Il faudra aussi s’habituer à la signalisation. Ici, pas de petits panneaux verts mais des rectangles bleus… indiquant la destination en si petit qu’il faudra parfois s’arrêter pour faire la différence entre Silkeborg et Skanderborg. Et ça, c’est quand le panneau n’est pas dans l’autre sens. On apprendra très vite à fonctionner avec MapsMe (tant qu’on aura de la batterie), avec les panneaux pour voiture… ou simplement au pif.

On fera parfois de gros détours pour éviter une autoroute… sans aucune signalisation, forcément. Et on roulera pendant presque une journée avec le vent de face. Pas la petite brise… Celui qui vous cloue sur place même en descente.

Il nous faudra au final un peu plus de deux jours pour traverser le Danemark d’est en ouest.

EoliennesLe vent et la solitude

Partis chasser de l’ambre sur la côte ouest, nous découvrons une plage de plus de 270km de long. Evidemment, on n’emmènera pas les vélos dans le sable. On les reprendra le lendemain pour longer la mer vers le nord.

Si l’on fait exception du vent, cette région assez plate est vraiment adaptée aux vélos. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser d’autres cyclistes souriants (ceux qui ont le vent dans le dos) ou arborant une moue concentrée (ceux qui luttent), choisissez donc bien votre camp.

La batterie de notre tablette ayant rendu l’âme la veille, nous n’avons plus de carte pour nous diriger et nous nous en remettons donc au vent. Se laisser porter par le vent, quelle agréable sensation. On apprends aussi très vite à repérer les points infos sur le bord des routes car la côte ouest… C’est vide.

Nous avons quitté Sondervig, ville touristique par excellence pour Husby, à 18 km de là selon le panneau. Adieu vendeurs de glaces, de jouets et sculpture de sable géantes, nous voilà sur les routes. Si comme nous, vous pensez qu’une ville indiquée 20km à l’avance a forcément un supermarché, détrompez vous. Quand nous arrivons à Husby (qui n’est d’ailleurs pas indiqué par un panneau d’entrée de ville), nous ne trouvons… que des maisons vides. Pour sûr, quelques semaines plus tôt, cette ville devait être pleine de vie… peut-être. Il nous faudra presque 20km de plus pour trouver un supermarché de taille raisonnable (comprendre : avec des prix abordables).

Pendant tout ce temps, nous croiserons plus de plaques allemandes que de plaques danoises. Entre les villes, nous découvrons la solitude, les champs et les fermes… Et dans les villages, tout à l’air incroyablement désert, vide.

Le soir, alors que nous cherchons un shelter… en nous fiant aux panneaux puisque nous n’avons plus de batterie, nous traversons énormément de villages « morts ». Pas une lumière, pas un bruit.

shelterEt pour ne pas changer, les shelters sont très mal indiqués. On est content de visiter le Danemark à vélo, parce qu’à pied, on aurait dû parcourir plus de 20km pour finalement trouver l’endroit. Sur le panneau, le petit sigle indique le shelter près d’un village, mais vous n’aurez pas plus d’informations… Heureusement pour nous, un drapeau « plage bleue » attire notre attention. Cela signifie qu’il y a au moins un point information et donc une carte. Arrivés sous le drapeau, nous trouvons le shelter. Ouf.

Nous repartirons le lendemain pour retrouver la côte est.

Le retour et les courbatures.

Point infoCette fois, nous avons le vent dans le dos. Alléluja ! Nous nous guidons au vent et au soleil pour retrouver notre route vers l’est. Notre mémoire nous aidera aussi de manière sporadique.

– Holstebro ? Il me semblait avoir vu ça sur la carte hier… Je crois que c’est dans la bonne direction

Cependant, nous entrons vite dans la région où les shelters ne sont plus indiqués. Nous n’avons toujours pas de batterie (on n’a même pas trouvé de wifi gratuit sur le chemin) et donc aucune idée d’où l’on pourra dormir le soir. On choisis donc la sécurité et nous dirigeons vers Herning, ville près de laquelle nous avions dormi à l’aller. Nous savons comment retrouver le campsite et savons que sur le chemin, il y a un centre commercial avec prises de courant et wifi gratuit pour prévenir Arne et Andréa de notre retour prochain.

Bien que nous connaissions en partie le chemin, nous nous faisons encore avoir avec la signalisation des pistes cyclables. Nous prendrons donc une route légèrement différente au retour et… tellement plus agréable que la route conseillée pour les cyclistes. Nous avons troqué de grandes descentes et de grandes montées… contre du plat, de la descente et quelques toutes petites montées.

Heureusement d’ailleurs, parce que l’on commence à être vraiment éreintés. Partir à vélo pour 400km en 6 jours, avec de gros sacs, ça ne s’improvise pas ! On est bien contents d’avoir du baume du tigre sur nous pour raviver nos genoux de temps en temps, de l’aloé vera pour hydrater notre postérieur irrité et de prendre tout ça avec le sourire !

A vélo, il y a des moments comme ça…

Premier jour, première chute (et dernière). Je n’ai jamais été très forte en vélo. J’ai du me familiariser, en une journée avec le principe du Torpedo. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un vélo où le frein arrière se déclenche en pressant la pédale à reculons. Cela signifie que vous ne pourrez pas préparer votre pédale pour démarrer. Chaque démarrage était donc pour moi une épreuve en soi (surtout avec un sac de 15kg sur le dos). Mais les arrêts n’étaient pas de tout repos non plus ! Ma selle, un peu haute m’offrant un confort de pédalage extrême mais m’obligeant à presque sauter pour en descendre. Comment dire que je suis bêtement tombée à l’arrêt parce que mes fesses sont restées accrochées à la selle ?

Si bien accrochées d’ailleurs que j’ai littéralement arraché la selle du vélo en tombant. Au final, plus de peur que de mal, un bleu grand comme mes deux mains sur la cuisse et… une selle impossible à remettre en place. Il nous faudra finalement l’aide d’un passant, de son ami et d’un étau pour réparer le vélo.

Quand l’un de nous oublie de tourner. On l’a dit, au Danemark, les pistes cyclables sont parfois mal indiquées. Parfois, elles vous demandent même de traverser la route pour rejoindre une piste à double sens… Et allez négocier un virage à 90° quand vous voyez le panneau à la dernière minute. L’un de nous parvient donc parfois à emprunter la piste cyclable quand l’autre continue tout droit… Et doit imaginer un moyen de retraverser la route et la petite parcelle d’herbe séparant piste et route. Heureusement, les danois ont pensé aux distraits et rajouté des passages après l’entrée, des fois que. On les a presque utilisés plus souvent que les entrées conventionnelles…

Parfois, quand on traverse le Danemark à vélo, les rêves deviennent réalité. Ou plutôt les cauchemars. Vous revoyez ce rêve où vous courrez et que votre objectif recule ? Vous courrez plus vite et votre objectif s’éloigne encore plus… Et bien imaginez nous en descente, pédalant comme des fous sans avancer d’un poil. On pédale plus vite, mais le vent forcit encore et on avance encore moins. Bon à la fin, faut pas pousser, on finit par continuer à pieds.

Tout est bien qui finit bien. Nous avons finit par rentrer chez Andréa et Arne, prendre une douche bien méritée…

– C’est quoi cette odeur ?

– Euh, je crois que ce sont nos habits…

Et faire une lessive, parce feu + sport + pluie, ce n’est pas la meilleure équation pour sentir bon.

 

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