Venise : notre petite escapade de 7 jours

Début septembre, il nous restait une semaine de vacances à chacun. Au pied levé, c’est décidé : nous partons pour Venise en stop !  En moins de trois jours, nous organisons notre voyage, apprenons des bases d’italien et nous nous lançons dans l’aventure ! Notre première expérience de stop et de couchsurfing à l’étranger, quelques déboires, de magnifiques souvenirs et un avant goût de tour du monde…

Organisation…

Quand nous avons décidé de partir à Venise, il nous restait exactement trois jours avant notre départ. L’idée était simple : partir en stop, se loger en couchsurfing – ou en camping si vraiment on ne trouvait rien – et découvrir (ou redécouvrir) la cité. Une petite estimation plus tard, nous savons qu’il nous faudra environ deux jours pour relier Neuchâtel à Venise et la même durée au retour, nous postons donc un message ouvert sur Couchsurfing et sélectionnons quelques profils à qui nous envoyons une demande.

Qu’est ce que le couchsurfing ?

Il s’agit d’un site internet mettant en relation des voyageurs et des locaux souhaitant rencontrer des voyageurs. Les voyageurs peuvent ainsi être accueillis gratuitement chez des locaux, en contrepartie d’échanges humains, de découvertes musicales, culinaires… Plus d’infos sur le site du Couchsurfing.

Pour pouvoir comprendre et nous faire comprendre des italiens, il nous faut également apprendre quelques bases de la langue et pour cela, trois jours c’est un peu court. Heureusement pour nous, il existe des méthodes relativement simples et efficaces pour connaître rapidement de quoi se débrouiller. Nous nous sommes tourné vers deux sites qui ont l’avantage de proposer des ressources gratuites.

Mosalingua :

Sur ce site, il y a beaucoup beaucoup de ressources. Nous nous sommes contentés de télécharger les guides de conversations proposés dans les principales langues (dont l’italien) et avons un peu délaissé le reste. Avec quelques affinités pour les langues, cela suffit pour pouvoir baragouiner quelques mots (surtout si vous en maîtrisez d’autres susceptibles d’être parlées par les locaux comme l’anglais). En savoir plus sur Mosalingua…

Duolingo :

Ce site entièrement en ligne et gratuit permet d’apprendre ou de conforter votre connaissance de nombreuses langues (en fonction de votre langue maternelle). Une inscription suffit pour commencer, choisir autant de langues que l’on veut et se mettre au travail. L’avantage de ce site, c’est qu’il permet d’entendre la langue, de la parler, de l’écrire et de la lire dans de petits exercices thématiques (expressions courantes, couleurs, famille, …). Plus vous pratiquez, plus vous avez accès à d’autres exercices. Et si vous connaissez déjà la langue, vous pouvez évaluer votre niveau et commencer plus loin. Visiter Duolingo

Il ne restait plus qu’à se renseigner un peu sur notre destination : moyen de transport sur place, choses à faire et à voir, météo, …

Départ pour Venise, ou la grande aventure du stop en Italie.

Le jour J, nous voilà partis avec nos sacs sur le dos et le sourire aux lèvres ! A la sortie de Neuchâtel, il nous faut moins d’un quart d’heure pour être pris en stop et déposés à Lausanne. Le conducteur sympathique nous avouera après le voyage être en retrait de permis… A Lausanne, nous refusons plusieurs fois d’être déposés à la prochaine petite ville – histoire d’avancer d’un plus grand bout – lorsqu’une belle audi s’arrête devant nous, baisse sa fenêtre et demande :

– Nathanaël, c’est toi ?

Ce n’est autre que Paul, son ami d’enfance qu’il n’avait pas revu depuis de longues années… Il ne va pas très loin non plus, mais les deux amis profitent du trajet pour se donner des nouvelles avant que leurs routes ne se séparent à nouveau.

Se rendre en stop à VeniseNotre voyage se poursuit de voiture en voiture avant d’être bloqués au fin fond d’une vallée, près du Simplon. Nous y attendrons deux heures en faisant des signes désespérés à toutes les voitures aux plaques italiennes (particulièrement nombreuses) que nous croisons. Enfin, l’une d’entre elles s’arrête et après d’âpres négociations, ils acceptent de nous faire passer la frontière. Ouf ! Le soleil commençait à se coucher…

En début de soirée, nous sommes donc arrêtés à côté de Domodossola, et nous découvrons que mon sac est quasi intégralement trempé. La poche à eau – censée être particulièrement étanche et résistante – a tout simplement décidé de se désolidariser de son tuyau et du même coup de se vider dans le sac. Bilan : les 75% des habits trempés, le sac de couchage en plumes sous l’eau et la ceinture lombaire du sac imbibée d’eau elle aussi. Nous plantons la tente non loin de là, dormons dans un seul sac de couchage pour deux et nous jurons de ne pas emporter de poche à eau en tour du monde (trop de risques, trop compliqué à remplir…).

Le lendemain, réveil morose, tente mouillée, nous repartons tendre le pouce près de l’autoroute. La matinée passe, personne ne nous prends. Nous finissons par nous décourager et aller prendre le train. Là, nous découvrons des tarifs plutôt attractifs pour aller jusqu’à Milan et nous sautons dans le train. A Milan, même bilan, le meilleur moyen de quitter la ville est le train et ce n’est vraiment pas cher (Milan – Bergame : 10€ pour deux). Et à Bergame… Nous reprenons le train pour Brescia.

A Brescia, les choses se corsent : il fait nuit, les trains pour Venise sont hors de prix et nous devons nous éloigner du centre ville pour planter notre tente. Nous choisissons le bus qui semble le plus sortir de la ville et montons. Au terminus, et après de nombreux échanges de regards, un passager nous interpelle en italien. Nous lui expliquons calmement que nous ne parlons pas beaucoup l’italien (nous lui proposons l’anglais, le français ou l’allemand) et qu’il parle beaucoup trop vite. Nous finissons par comprendre qu’il veut savoir pourquoi on le regarde et essayons de lui faire comprendre vainement qu’il n’y a aucune raison particulière : il nous paraissait sympathique, nous a rendu notre regard. L’histoire se termine par un « Mauvaise éducation » en italien et des excuses un peu étonnées de notre part. On poursuit notre route complètement désolés par la situation… Mais on finit par planter notre tente dans un champ et le sourire nous revient.

En effet, dans la journée, et même s’il est resté constamment compressé dans le sac, mon sac de couchage à intégralement séché ! Le sol, ici, est beaucoup plus sec et il est facile de faire sécher quelques affaires (je ferai quand même le voyage avec uniquement une robe, deux sous vêtements, un pantalon, un Tshirt et un pull, le reste étant condamné à puer au fond du sac). Au matin, nous repartons. Il nous faudra plusieurs heures pour enfin rentrer sur l’autoroute, nous naviguerons ensuite de voiture en voiture en s’arrêtant exclusivement sur les aires et en visant les plaques étrangères, les italiens étant particulièrement réticents à nous prendre en stop – sauf quand nous sommes sur une aire minuscule complètement déserte (juste une buvette et même pas de toilettes) à moins de deux kilomètres d’une énorme station service.

A midi, nous arrivons sur Venise.

Un canal de Venise

Se perdre à Venise…

A peine arrivés sur place, nous fonçons acheter une carte Rolling Venice (pour les moins de 29 ans), qui nous permet d’utiliser la majeure partie des transports en commun sur Venise et Mestre pendant trois jours (carte : 6€/personne + transport : 22€/personne). Nos gros sacs sur le dos, nous partons à la découverte de la cité.

Une place déserteOn reproche souvent à Venise le nombre de touristes qui parcoure ses rues, mais en septembre et en milieu de semaine, nous trouvons l’atmosphère plus que respirable. Il suffit de quelques pas pour quitter la zone touristique et tomber sur de jolis petit canaux, quelques commerces d’habitués, de grandes places désertes au pied d’un beau monument, … Cependant, avec 15kg sur le dos (et oui, tente, sac de couchage, popote et zagdrum, cela pèse vite lourd !), nous décidons rapidement de nous installer en terrasse pour profiter du beau temps. Là encore, il suffit de sortir des sentiers battus pour trouver des prix corrects.

Les deux jours suivants, nous les passerons à flâner dans les rues, manger sur le pouce au bord des canaux, faire du lèche vitrine, visiter le palais des doges et les îles de Murano et Burano. Ce qui nous frappe le plus, à Venise, c’est comment la vie s’accommode de tout : les canaux autant que les touristes font partie intégrante de la ville. Le ramassage des ordures se fait en partie à pied, un bateau vient ensuite chercher les ordures collectées ; les entreprises de déménagements font passer les cartons à travers les rues avant de les charger sur leurs péniches, les enfants jouent sur les places éloignées des rues principales, les touristes fourmillants et pressés y côtoient la vie paisible des locaux.

BuranoNous prenons énormément de plaisir à nous perdre volontairement dans Venise en choisissant de petites rues au hasard, nous tombons même fortuitement sur un petit pont d’une de nos cartes postales. Et nous découvrons aussi qu’il est facile de se perdre sans le vouloir !

Le deuxième jour, nous avons principalement visité les îles de Murano et Burano. Si la première nous a un peu laissé sur notre faim – les souffleurs de verre que l’on peut parfois apercevoir dans leurs ateliers ne ce sont pas montrés pour nous – la deuxième nous a particulièrement émerveillé par sa juxtapositions de couleur et l’ambiance qui s’en dégageait.

Le palais des DogesPour le dernier jour, nous avions tout deux envie de nous intéresser à l’histoire et à la culture de Venise, aussi nous n’avons pas beaucoup hésité avant de nous diriger vers le palais des Doges. A l’intérieur, nous en avons pris plein les yeux. Les murs des premières salles étaient intégralement recouvert de tableaux et de dorures, tout avait des dimensions grandioses. Le circuit se poursuit ensuite sur le pont des soupirs et les cachots. Où que ce soit, ces vieilles pierres sont restées imprégnées du temps passé. Nous sommes ressortis du palais des Doges comme on revient d’un long voyage, avec le sentiment qu’il ne fallait pas repartir tout de suite. Ce fut donc pour nous le seul et unique musée de Venise.

Et après une après midi à flâner, il fût l’heure de quitter Venise.

La dernière nuit.

Avant de parler de retour, je dois vous parler de notre hébergement sur Venise. Nous avions finalement trouvé un hôte couchsurfing à Mestre et nous avons vécu notre expérience couchsurfing la plus… étrange à ce jour. Imaginez donc : le premier soir, nous attendons notre hôte devant la gare de Mestre, ce dernier arrive – en retard – au côté d’une belle italienne. Il nous emmène dans sa colocation et son coloc n’est visiblement pas au courant de notre venue. Nous assistons à une dispute de couple (l’italienne n’ayant à priori pas compris que son ami voulait nous héberger), apprenons du même coup que notre hôte à une autre « amie » en France, les laissons se réconcilier sur l’oreiller avant de comprendre que nous partagerons la chambre avec notre hôte… Et que celui ci tient absolument à nous laisser son lit.

Le lendemain, notre hôte nous accueille en descendant de l’appartement au dessus où il était visiblement occupé avec une autre de ces « amies ». Evidemment, chacun gère sa vie privée comme il l’entend… Cela ne nous a pas empêché d’être franchement étonné, d’autant plus qu’il nous annonce que nous devrons quitter son appartement le lendemain à 7h pour revenir en soirée et être transféré chez quelqu’un d’autre parce qu’il a rendez vous avec l’italienne n°1. Nous acceptons les conditions (on n’est plus à une bizarrerie près) et lui demandons de nous appeler quand il saura à quelle heure nous pouvons rencontrer notre nouvel hôte.

Evidemment, le dernier jour, nous n’avons aucune nouvelle. Nous lui annonçons donc en milieu d’après midi que nous seront de retour à 19h. A l’heure dite, nous sonnons et c’est le coloc qui vient ouvrir, notre hôte est visiblement absent. Nous attendons patiemment dans sa chambre jusqu’à recevoir un message.

Ne rentrez pas avant minuit.

Il est presque vingt heure, nous réfléchissons rapidement : attendre sur le pas de la porte ? Retourner à Venise pour y passer à peine deux heures (et revenir à pieds) ? Ou partir maintenant et camper quelque part ? Nous avons finalement opté pour cette solution et sommes partis à la recherche d’un endroit tranquille dans les environs…

Après de longues minutes de marche, une traversée avortée d’un champ (quand on a vu que deux mètres plus loin c’était impraticable), une bordure de rocade et une maison abandonnée, nous avons fini par trouver un champ de pois dont on pouvais faire le tour et qui nous permettais de nous cacher de la route sans abîmer les cultures. Pas de tente pour cette nuit, il faisait plutôt chaud et sec, nous dormons donc à la belle étoile.

Ce n’est qu’au lendemain matin que nous comprenons notre erreur, quand en me redressant sur mon tapis autogonflant j’entends un gros CRAC ! suivi d’un fshhhhhhhh… Résultat ? Un gros trou dans le tapis et une mésaventure de plus. On se jure de ne plus jamais oublier de mettre une bâche sur le sol et de redoubler d’attention face aux racines.

Retour au pays…

Il est désormais temps pour nous de rentrer. Ne sachant pas exactement où nous nous trouvons dans Mestre, nous prenons un bus pour Venise et sautons ensuite dans un autre pour Padoue. Une fois là bas, nous errerons entre les guichets qui ne délivrent pas d’informations, les gens qui n’ont aucune idée de où l’on peut aller faire du stop et ceux qui nous envoient dans une mauvaise direction avant de trouver l’info-touriste de la gare qui nous enverra presque sur un bon endroit pour tendre le pouce.

Un bon endroit, ou presque. On commençait à se faire à l’idée qu’en Italie, il faut tendre le pouce plusieurs heures avant d’être pris quand une voiture s’arrête finalement à notre hauteur pour nous dire :

Vous êtes sur l’entrée de la rocade, personne ne vous prendra ici. Il faut vous mettre sur l’autoroute, juste de l’autre côté de la rocade.

Le problème ? Il n’y a qu’un seul moyen de relier la rocade à pied : faire demi tour et trouver LA route qui mène près de l’entrée d’autoroute, soit une distance d’environ 5km sans aucune certitude de tourner au bon endroit. Il y a bien un pont qui enjambe la rocade mais la circulation y est interdite à pied. Nathanaël repère alors un tronçon de rocade qui semble être surélevé : peut-être que l’on peut passer dessous.

Nous nous avançons donc et découvrons….

le tunnel pour animaux

Un tunnel pour animaux. Nous apercevons les champs à l’autre bout, étudions la faisabilité de la chose et décidons de nous lancer, Nath’ le premier. En canard, le gros sac sur le dos, je le vois avancer régulièrement dans le tunnel. Je m’y engage à mon tour, les bouts de cartons nous servant à faire du stop à la main. Alors qu’il arrive à mi-chemin, j’entends Nath’ grommeler.

C’est que de la boue au milieu…

Cependant, difficile de faire demi tour, alors il continue. Moi, derrière, je n’en mène pas large. Cela fait longtemps que je n’arrive plus à décoller mes pieds du sol et que j’appuie mes genoux sur les cartons pour avancer presque à quatre pattes. Quand Nathanaël sort enfin du tunnel, je suis entre le rire et les larmes tellement je suis épuisée et amusée par la situation. Je le vois m’encourager à quelques mètres et au bout de longues minutes, je retrouve enfin le soleil.

A la sortie, nous sommes crottés, pleins de boue et de poussière, épuisés mais soulagés d’avoir réussi.

Heureusement, quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons directement sur une aire d’autoroute. Quelques minutes plus tard, nous voyons débarquer un deuxième couple d’autostoppeurs et nous finissons par prendre tous les quatre une même voiture qui nous mènera, pour notre part jusqu’à Milan. Déposés à Milan, sur une petite aire d’autoroute, nous tendons le pouce jusque tard dans la nuit, abordant les conducteurs de passage mais on finit par se rendre à l’évidence : on ne nous prendra pas ce soir. Nous quittons la station par l’entrée du personnel et cherchons donc un endroit où dormir. Non loin de là, un petit parc public dont une partie tout juste tondue nous accueillera, à la belle étoile, derrière une petite butte de futurs arbustes qui parvenait à peine à nous dissimuler.

Le lendemain, nous découvrons qu’un bus passe sur l’aire d’autoroute et rejoignons donc la gare de Milan. Nous prendrons le train jusqu’en Suisse et tendrons le pouce pour rejoindre Neuchâtel, en faisant un grand détour parce que nous avons confondus le tunnel du Saint Bernard avec un autre qui n’a rien à voir (mais dont l’aire de repos la plus connue s’appelle « le Relais du grand Saint Bernard »). Là aussi, on se jure de plus se renseigner et de toujours consulter une carte avant de faire du stop.

Qu’à cela ne tienne, on sera rentrés en fin de soirée !

 Retrouvez les photos de notre aventure vénitienne dans Venise, côté photo.

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