Workaway : notre expérience de volontariat au Danemark

Partir en voyage, c’était un rêve de gosse. Mais surtout, c’était l’occasion pour nous d’apprendre. Apprendre à se connaître et découvrir ce que l’on voudrait construire plus tard. Nous voilà donc lancés dans l’expérience Workaway. Un bon moyen d’apprendre, de travailler et de voyager à petit budget.

Workaway ?

Grâce à des sites comme HelpX, Workaway et Woofing, n’importe qui peut désormais devenir volontaire dans une ferme, une auberge de jeunesse, une maison d’hôte et voyager en dépensant peu. Le principe est simple : vous travaillez, en moyenne 5heures par jour et en échange vous êtes nourris et logés.

Nous avons choisi le site workaway parce qu’il nous semblait simple, bien conçu et adapté à notre projet. L’inscription se fait à l’année pour le monde entier et propose une formule couple. Une rapide recherche parmi les hôtes nous montre une grande variété de travaux : permaculture, tourisme, baby-sitting, s’occuper d’animaux, …

Nath cueille des raisinnetsUne première expérience en Irlande

Un mois et demi plus tôt, nous faisions la connaissance de Diarmuid, notre premier hôte Workaway. Il vit dans une maison construite de ses mains au milieu d’un jardin forêt plein de fruits. Si l’on ne vous en a pas parlé, c’est parce que cette expérience nous a… laissés sur notre faim.

Bien qu’étant précisé sur le site que les conditions seraient rudes, nous ne nous attendions pas à ça. Diarmuid demande beaucoup de travail, principalement de la cueillette et la cuisine. Cependant, le jardin est mal conçu, les chemins peu ou pas entretenus et le terrain très humide. Cela donne souvent lieu à des scènes de type :

– Aaaaah !

– Tu vas bien ?

– Oui, oui, j’ai juste trouvé le drain

(Et j’ai les pieds mouillés, j’fais ça tous les matins)

Cela pourrait passer sans soucis, si l’on oublie que la caravane dans laquelle nous dormons est penchée, le lit cassé (et plus inconfortable que nos supers matelas) et qu’il n’y a ni douche ni eau chaude. Nous buvons l’eau de pluie (sous forme de thé) et mangeons ce que le jardin produit : des choux. Bien qu’intéressant, c’était donc assez rude. Si l’on ajoute là dessus une dizaine de jours de camping sauvage (donc sans eau courante), l’absence de douche (ou de possibilité de se doucher même à l’eau froide) commençait à se faire sentir.

On n’aura donc aucune honte à partir après 5 jours en quête d’un camping. Et d’une douche. Chaude.

Workaway au Danemark, on se sent comme chez soi.

Volontariat au danemarkFraîchement débarqués au Danemark, nous faisons la connaissance d’Arne et Andréa, ainsi que des 4 volontaires qu’ils accueillent déjà. Nos hôtes possèdent une ferme apicole et permacole (commencée depuis seulement quelques années), des chambres d’hôtes et un grand coeur. Nous découvrons donc la propriété de Petersholm : 3 grandes bâtisses dont une abritant l’habitation principale et deux petits appartements, une « cabine » (petite maison de jardin), une maison de verre (petite chambre tout en fenêtre) et une hobbit-house en cours de finition.

Là, les commodités sont bien présentes : douches, chambres, lumière, électricité… Pourtant, vu le grand nombre de volontaires, nous devons improviser des chambres dans des bâtisses mal isolées. Cela reste confortable et chacun met la main à la pâte pour améliorer l’installation. On inventera des toilettes sèches pour ne pas traverser le jardin en pleine nuit – et sous la pluie.

On restera trois semaines sur place, faisant la connaissance de Carolina et Lena, qui vivent ici une bonne partie de l’année ; Puk et Teddy, qui viennent régulièrement et 12 autres volontaires au total venant d’Italie, d’Espagne, des Usa, d’Australie et du Danemark. Nous vivrons l’ouverture de la hobbit-house, l’anniversaire d’Arne, l’arrivée de touristes français dans l’un des appartements, un cours de communication, le dumpster-diving, … Et l’on se sent vraiment chez soi.

La vie en communauté

Chez Andréa et Arne, tout est loin d’être tranquille. On s’est rarement retrouvés à moins de huit à table et il faut composer avec les personnalités de chacun. On se confrontera donc à la frustration quand il n’y a pas assez de nourriture pour tout le monde et que certains sont mieux servis que les autres ; quand on travaille d’arrache pied et qu’on constate que les autres sont en pause ou quand on se sent exclus parce qu’on ne partage pas les mêmes activités que les autres.

Mais, tous ses désagréments sont au final vite oubliés. On se souviendra des parties de « 6 qui prend » endiablées, des histoires racontées par chacun, du pain danois imprononçable fait sur le feu au milieu de la nuit, … Nous apprendrons aussi à prendre soin de nous et à s’isoler au milieu de tout ce monde pour se reposer un peu.

On comprendra aussi rapidement l’importance de l’organisation et du management, même dans l’accueil de volontaires. Rappeler quelques règles de savoir vivre, construire des équipes qui fonctionnent et féliciter chacun pour le travail accompli. Autant de choses que l’on note pour notre future ferme.

Et le travail dans tout ça ?

En Workaway, l’idée c’est surtout de travailler en échange d’un logement et de nourriture. Mais ici, le travail ne ressemble pas à ce que l’on peut expérimenter dans le « vrai monde ». Les horaires sont flexibles et le travail aussi. Cela ressemble plus à vivre et s’entraider qu’à travailler.

La cuisine et la vaisselle.

Si vous pensez que ce n’est pas du travail, détrompez vous. Ici, un repas moyen compte entre 15 et 20 personnes. Il faut donc prendre plusieurs heures, matin et après midi, pour éplucher, cuire, préparer… Et autant de temps pour nettoyer derrière soi. Carolina est un peu le chef cuisinier du lieu, on se demande encore comment elle fait pour estimer les quantités. Elle demande en général un ou deux volontaires pour l’aider, mais parfois c’est à nous de prendre en charge la cuisine.

On découvre alors qu’il existe des recettes simples, qui font plaisir et qui prennent peu de temps, même pour 20 personnes. Le crumble est désormais notre meilleur ami.

S’occuper des Beds and Breakfast

Chaque fois qu’un visiteur quitte les lieux, il faut nettoyer l’appartement qu’il occupait. Les draps doivent être lavés, la douche et les toilettes désinfectés, etc. Cela ne paraît pas comme ça, mais cela représente vite du travail, chaque appartement pouvant accueillir plus de 5 personnes.

Hobbit houseLa Hobbit House

Quand nous sommes arrivés, la Hobbit House était presque terminée. La charpente était faîte, les murs en coquilles de moules recouverts d’argiles, les fenêtres posées… Il ne restait que les finitions. Nous nous sommes donc attelés à l’isolation de la porte avec des matériaux de récupération. La porte en elle même est en fait le plateau d’une table. L’isolation sera constituée d’une couche de mousse (genre tapis de sol) et recouverte de jute. Nath ajoutera trois poches, parce que c’est chouette les poches.

Nous ferons aussi une « rambarde » autour du lit mezzanine en utilisant de petits bout de bois et du saule. L’idée est surtout d’éviter au sol en coquilles de moules empaquetées dans du tissu de se casser la figure. Au final, le rendu donnera l’impression d’un petit nid. Joli, mais très loin du panier que l’on aurait voulu faire.

Nath sur le tracteurAu jardin

Pendant ce temps, il y a plein de choses à faire au jardin. Lena récolte régulièrement des pétales de calendula pour les faire sécher puis en faire des crèmes. Elle récupère ensuite les graines pour replanter. Une petite serre demande aussi de l’attention : les légumes doivent être arrosés, récoltés… et mangés.

Nous plantons aussi beaucoup de fleurs récupérées dans les poubelles, dont de nombreuses aromatiques. Nous aidons Arne dans la conception de son jardin permacole, il nous explique le fonctionnement des haies pour stopper le vent et le bruit de la route, les drains pour une semi culture en terrasse, … On fera aussi un barrage sur la rivière (comme quand on était enfant, avec juste des cailloux) pour faire monter le niveau d’eau et permettre de traverser comme un pont.

Dumpster-diving

Au Danemark, la nourriture est chère, c’est bien connu. Andréa a donc pris l’habitude de faire les poubelles ou « dumpster diving » en anglais. L’art du plongeon en conteneur.

Cela pourrait en rebuter plus d’un, nous on a trouvé ça vraiment fun. C’est un peu une chasse au trésor. Après la fermeture des magasins, vous allez derrière pour ouvrir un conteneur et découvrir ce que les gens n’ont pas voulu acheter. On trouve bien sûr des fruits et légumes parfaitement en état mais aussi du pain, du fromage… Les choses les plus exceptionnelles qu’on ai trouvé ? 3kg de poivrons le jour où on en avait besoin ; des citrons bio quand Andréa s’était trompée et avait acheté des poires ; des chaises de camping, certaines sans le moindre accro ; une lampe solaire en état de marche ; 2,5kg de pâtes fraîches ; du terreau ; des plantes aromatiques en pot ; 100 oeufs…

Evidemment, le lendemain matin, il faut nettoyer tout ça. Mais au final, on se dit que c’est vraiment dommage de gaspiller autant alors que tout est encore très bon.

Faire de l’huile d’avocat

Ce fut l’un de nos premiers travaux. Andréa avait récupéré de nombreux avocat dans les poubelles, certains trop abîmés pour les manger. On a donc récupéré la pulpe de tout ces fruits. Il aura ensuite fallu les mixer puis les faire sécher. Habituellement, Andréa les faisait au four mais cela prend un temps fou (et une énergie folle). Nous lui proposerons donc de les faire sécher dans la serre pendant quelques jours. On récupère donc des vieilles plaques et on étales la purée d’avocat en couche fine. Le tout reposera pendant deux jours dans la serre. On aura fait l’erreur de les empiler les unes sur les autres, mais cette erreur fut vite réparée en posant chaque plaque verticalement.

Quand c’est tout sec, il n’y a plus qu’à racler le tout. Nath réussira à casser sa spatule. 4 fois, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à casser. Nous récupérons donc les copeaux d’avocat dans un tissu et utilisons une presse à miel pour en extraire l’huile. On n’aura jamais eu les mains aussi douces…

Petits travaux

Au delà de ça, il y a de nombreux petits travaux à faire. Nous avons fabriqué des toilettes sèches avec juste une vieille chaise et un seau. Une autre chaise fut réparée avec une planche, de la mousse et du cuir. On a fabriqué un toit en éternite pour le bois de chauffage… On a aussi réparé des vélos pour partir sur la côte ouest.

Nous ne sommes pas encore repartis de chez Andréa et Arne, nous partons demain… mais l’on sait déjà que tout ça va nous manquer. Cela nous a tellement plu que nous retenterons l’expérience workaway en Islande.

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