Yellowstone et Grand Teton : entre les loups et les bisons

C’est le clou de notre voyage aux USA, LE parc que nous voulions voir : Yellowstone National Park et son voisin, Grand Teton. Nous arrivons cependant en plein inter-saison, ni vraiment l’hiver, ni vraiment l’été. Peut-on vraiment profiter de Yellowstone quand presque tout est fermé ?

Grand Teton NPgrand tétons

Le parc en hiver

Nous ne passerons pas beaucoup de temps à Grand Teton, et pour cause : la majeure partie du parc est fermée. Après avoir demandé conseil au visitor center, nous suivrons la route 191 jusqu’à Jackson Lake. Malheureusement, on ne voit pas grand chose tant les tas de neiges sont haut en bordure de route. Nous apprécions malgré tout les rivières, et la vue surréaliste de cet immense lac gelé.

élanVie sauvage

En étant bien attentif, il est possible d’apercevoir de nombreux animaux malgré les conditions hivernales. Nous aurons ainsi la chance de voir un aigle d’assez près – on n’est cependant jamais assez rapides pour dégainer l’appareil photo face à un aigle – entre Colter Bay Village et Jackson Lake Lodge.

Sur le retour, nous verrons également trois élans – qui n’ont pas de bois à cette période de l’année. Au coucher de soleil, nous tentons encore notre chance sur Gros Ventre Road et là, ce ne sont pas trois élans mais bien tout un troupeau que nous croiserons.

En explorant un peu autour de notre campement le soir, une petite tête sortant de l’eau nous pose question : loutre, castor ou ragondin ?

Nos conseils pour visiter Grand Teton

Se loger

grand tétons vue de la place ou nus dormionsToujours grâce au fabuleux site Freecampsites, nous avons trouvé un magnifique endroit oú loger près de Grand Teton, avec une vue sublime qui plus est. En été, il a tendance à être vite surpeuplé mais l’hiver, nous étions assez tranquilles : une voiture la première nuit, aucune la seconde.

Par contre, il est crucial – si vous ne voulez pas faire un énorme détour – de suivre Bates Road pour trouver l’endroit. Les routes sont en effet majoritairement des pistes. En hiver elles sont souvent innondées, voire infranchissables à cause de la neige… Si les prévisions météo annoncent des flocons, nous ne tenterions même pas notre chance…

Etat des routes

Depuis la ville de Driggs, il y a un col de montagne à passer pour rejoindre Jackson et Grand Teton. La route peut être fermée à cet endroit là et les remorques y sont de toute façon interdites – en hiver du moins. Si c’était clairement faisable quand nous y étions, cela peut être un peu stressant si vous n’avez pas l’habitude des routes de montagne… D’autant plus si comme nous, vous faîtes le trajet de nuit ! Sachez cependant que le retour de Grand Teton vers Driggs est plus aisé que l’inverse, les virages dans la descente étant moins violents dans ce sens là

Yellowstone

Connu principalement pour ses volcans et sa faune sauvage, Yellowstone est l’un des parcs les plus visités aux USA. Voyons ce que ça donne à l’inter-saison.

animaux 1 yellostone
Premières impressions

Nous avons nos premières visions de Yellowstone sur la route US191 qui longe l’ouest du parc. Bordant une rivière, elle donne un aperçu des paysages du parc. Nous rentrons ensuite par l’entrée nord. Après une arche de pierre, nous sommes accueilli par un large troupeau : Phonghorn, cerfs, mule deers sont en surnombre sur les pelouses… Et sur la route.

Yellowstone en inter-saison.

Le parc de Yellowstone est un peu particulier. En hiver, le traffic est ouvert aux motoneiges et autres “oversnow vehicles”. En été, les routes sont ouvertes pour les voitures. Mais entre les deux, il faut bien déneiger les routes et le parc est donc fermée en quasi totalité. Seule la route du nord est ouverte aux véhicules, tout le reste est fermé.

Malgré ça, il est facile de découvrir une partie du parc : les quelques piscines géothermiques à Mammoth Hot Springs, des animaux tout le long de la route et si vous êtes chanceux, loups et ours seront au rendez vous.

Difficile en revanche de se rendre jusqu’à Norris, au centre de l’activité volcanique du parc, ce n’est faisable qu’à vélo – le plus souvent à condition de faire l’aller retour dans la journée – et impossible (ou presque) d’aller rendre visite à Old Faithfull.

Yellowstone et la géothermie

Comme je l’expliquais, nous n’en avons pas vu grand chose. Nous avons cependant pu profiter des fameux Hot Springs de Mammoth – bien qu’il soit hors de question de s’y baigner. Le trail est quasi intégralement sur ponton de bois mais permet de s’approcher des piscines géothermiques et de les voir sous différents angles.

Ouvert toute l’année, vous pourrez également profiter de « Roiling River ». C’est le seul endroit de Yellowstone oú vous pourrez vous baigner dans une source chaude. Il s’agit en fait d’un endroit de la Gardiner River oú se jette une source géothermique. Vous êtes donc autorisés à pénetrer dans l’eau à l’endroit oú les flux d’eau chaude et d’eau froide se mélangent. N’allez jamais directement dans l’eau chaude, vous finiriez au court bouillon !

Nous en avons profité toute une après midi, et même en intersaison, il y avait pas mal de monde.

A cause de sa popularité, l’endroit est très surveillé. Abstenez vous de transgresser les règles, et pour l’écosystème qui doit être protégé, et pour votre portefeuille qui risque de ne pas apprécier une amende salée.

Animaux 2 yellostoneYellowstone et sa faune

Dans le parc, il y a de nombreux animaux à voir. Ceux que vous verrez le plus facilement sont les cerfs et les bisons. Ces derniers se promènent parfois en ville ou marchent nonchalamment sur la route. Difficile de les louper, mais veillez à toujours maintenir une distance de 25m entre vous et les animaux. Malgré leur air de paisibles herbivores, ils peuvent charger et les cerfs comme les bisons ne sont pas réputés pour leur douceur. Pour information, le bison est l’animal qui cause le plus de blessés à Yellowstone.

En observant un peu plus attentivement, vous verrez probablement des
ponghorns, des aigles, des écureuils, des loutres (nous n’en avons malheureusement pas vu), des coyotes… Et en sachant oú chercher, vous avez également de bonnes chances de voir les loups ou un ours. Pour cela, informez vous au Visitor Center et guettez les premières lueurs du jour et le crépuscule.

des loups!
C’est au petit matin que nous avons observé trois loups… Le lendemain soir, c’est un ours qui se délectait de ce que les loups avaient laissé.
Vous verrez peut-être sur le bord de la route ou avant un chemin des panneaux indiquant que la zone est fermée en raison de la présence d’ours. Respectez ces panneaux – il en va de votre sécurité – mais ouvrez l’oeil, ces panneaux indiquent souvent la présence d’une carcasse qui pourrait servir de repas à de nombreux animaux.

forcer espace

BackcountryUn petit tour en Backcountry

Après moultes négociations, nous obtenons auprès des rangers un permis de Backcountry. Nous avions initialement envisagé de marcher jusqu’à Norris pour voir les fameux geysers mais ce n’est finalement pas possible. Finalement, nous partons le long de la rivière Yellowstone, sur le territoire des loups et des ours, pour quatre jours de randonnée en raquettes.

Nous laissons la voiture sur un parking à la fin de notre trail et tendons le pouce pour rejoindre notre point de départ. Un petit tour à l’arrière d’un pick-up et nous voilà sur le chemin. Là, de nombreux panneaux rappellent les recommendations des rangers :

  •  Parler fort, tapper dans nos mains, faire du bruit dans les zones à faibles visibilités
  • Contourner les animaux et leurs carcasses
  • Marcher en groupe de trois ou plus si possible

Nous marchons donc les 6km qui nous séparent de notre premier camp. Pas très rassurés, nous chantons “et on part à la chasse à l’ours”, chanson qui prend alors tout son sens. Nous réapprenons à faire fonctionner notre filtre à eau, dont on ne s’était pas servi depuis l’Irlande. Pas d’animaux en vue pour cette première journée à part quelques bisons au loin… qu’on prend pour des ours chaque fois qu’ils sont seuls. Ah… Et on a pas chaussé les raquettes une seule fois.

Monter le camp

suspendre la nourritureNous arrivons au premier campsite en début d’après midi. Suivant les recommendations des rangers, à peine arrivés, nous repérons l’endroit pour accrocher la nourriture en hauteur et sortons de nos sacs tout ce qui pourrait sentir.

Un rapide tour du camp nous informe qu’il n’y a, a priori, pas de danger : aucune carcasse à l’horizon. Ca ne nous rassure qu’à moitié. Nous montons la tente sous le vent, à 100m de la nourriture. Et comme mesure supplémentaire, nous marquons notre territoire tout autour, juste au cas oú…

Le reste de la journée, nous jouons aux cartes et cuisinons quand la faim se fait sentir. Ensuite nous filons au lit… On ne s’en est pas rendu compte, mais on a dû se coucher vers 18h ce soir là… Et discuter longtemps parce que franchement, on ne se sent pas vraiment à l’aise. Je ne sais pas si c’est mon imagination mais je jurerais entendre la rivière parler ou rire.

Deuxième jour

Nous nous réveillons au petit matin, visiblement vivants. Ouf. Nous plions le camps – sans oublier de récupérer notre nourriture – et petit déjeunons. Sur le chemin, nous décidons que si nous atteignons l’endroit oú nous devons camper ce soir avant midi, nous continuons jusqu’au suivant.

bison back countryC’est ce qui sera fait. Nous mangerons sur le bord du chemin, et finirons notre repas juste à temps pour laisser passer un bison. Des bisons, nous en croiserons un certain nombre et nous devrons parfois passer très proche d’eux… Entre une rivière et une falaise, il a fallu négocier avec un bison pour le croiser à moins de 5m. On a bien cru que l’on se ferait charger !

Nous croiserons le long de notre route un nombre impressionnant de cadavres à différents stades. Certains sont rongés jusqu’à l’os, éparpillés au point de disparaître, d’autres laissent encore deviner l’animal. Parfois, encore, l’on sait que d’autres charognards se feront un plaisir de finir la carcasse. L’omniprésence de la mort, tout au long du chemin, donne une atmosphère assez étrange mais illustre bien la réalité de la nature.

Vers 15h30, nous arrivons au dernier camp. Il nous reste entre 5 et 7km à marcher pour rejoindre la voiture. Nous sommes encore en pleine forme alors on continue !

ours yellowstoneLes derniers kilomètres sont les plus durs, le terrain s’incline beaucoup. Nos sacs, beaucoup trop lourds du coup – la nourriture de deux jours que l’on n’aura pas consommé – nous pèsent gentiment sur les épaules. Nous arrivons cependant bien avant la nuit.

Au loin, un gros attroupement de voiture attire notre attention. Après avoir récupéré notre propre véhicule, nous allons voir. Un grizzli. On est bien contents de ne pas l’avoir croisé plus tôt !

Nous finissons donc notre randonnée épuisés – 21 km, avec de gros sacs – mais heureux, sans avoir chaussé une seule fois nos raquettes.

bassin acideNos Conseils pour visiter Yellowstone

Si vous êtes prêts à faire quelques kilomètres chaque jour pour économiser le logement, il existe un camping BLM gratuit en bord de rivière près de l’entrée nord. De nombreuses autres solutions doivent exister pour l’été mais ce camping est une bonne occasion en toute saison !

Verdict ?

Yellowstone nous aura beaucoup plus et beaucoup appris. Pour apprécier le parc, il faut probablement revenir plusieurs fois pour voir les saisons transformer la nature… Mais si votre objectif est d’observer la faune en évitant les hordes de touristes, l’intersaison est vraiment un moment intéressant.

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